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Rien à regretter

Edith Piaf: biographie de la Môme de la chanson française

La vie d’Edith Piaf fut brève et intense, le destin la rattrapant toujours lors de brefs instants de bonheur. La «Môme»n’aura jamais su se guérir des blessures de l’enfance et des désillusions de l’amour. Elle a dédié sa vie à son public, sa relation la plus fidèle et la plus sincère. Issue d’une famille d’artistes de rue, Edith Giovanna Gassion naît à Paris dans le quartier de Belleville, le 19 décembre 1915. Son père est contorsionniste dans un cirque itinérant. Sa mère est chanteuse. Edith ne connaît pas l’existence banale d’une enfant et mène une vie déstructurée. Elle fait face à la solitude et aux premières déceptions, lorsque sa mère l’abandonne pour gagner sa vie. Son père, soucieux du bien-être de sa fille, prend la décision de la protéger et la confie à sa grand-mère paternelle, patronne d’une maison close en Normandie, avant de partir au front.

À huit ans, Edith développe une maladie des yeux, la kératite. Elle devient aveugle, mais s’en sort miraculeusement. À la fin de la guerre, Edith et son père repartent sur les routes, où tous deux mènent une vie de Bohème. C’est en l’accompagnant lors de ses spectacles de rue que l’adolescente se découvre un talent pour la chanson. Elle dispose d’une voix unique qui va lui permettre d’atteindre le firmament des stars. À 15 ans, fatiguée de cette vie itinérante, Edith part vivre sa vie. Elle rencontre son premier amour Louis Dupont, qu’elle surnomme affectueusement «P’tit Louis». En 1933, une petite Marcelle naît de leur rencontre. Cependant, le bonheur est de courte durée. À deux ans, Marcelle meurt d’une méningite foudroyante.

Edith Piaf devient «La Môme»

Edith repart dans le Paris dépravé noyer son chagrin. Elle est souvent accompagnée de sa meilleure amie, Simone, dite «Momone». Les deux amies sont inséparables et font les quatre cent coups ensemble. Parallèlement à cette vie de débauche, Edith chante dans les rues de Pigalle et de Belleville où elle commence, grâce à son don, à gagner sa vie. C’est le plus grand des hasards qui met Louis Leplée sur sa route. Gérant du cabaret Le Gerny’s des Champ Élysées, il est le premier homme à lui faire confiance. Il l’engage dans son cabaret et la rebaptise «La Môme Piaf». Comme l’oiseau, Edith, malgré sa petite taille (1m47) dégage une force de caractère inégalable et une voix hors du commun. Elle est très vite repérée par le Paris artistique de l’époque. Jacques Canetti, l’un des producteurs les plus influents du moment, est immédiatement impressionné. Il la signe sur son label Polydor où elle enregistre son premier disque «Les mômes de la cloche».

Cependant, le destin la rattrape une nouvelle fois lorsque Louis Leplée est assassiné. Ce fait divers, relayé dans la presse de l’époque, ternit un temps la carrière d’Edith. Elle ressort profondément meurtrie de cet épisode mais se relève pourtant. Sa rencontre avec Raymond Asso lui redonne de nouveaux espoirs. Amoureux de Piaf, ce dernier insiste pour lui faire écouter «Mon légionnaire» sur une musique de Marguerite Monnot, qui sera l’amie d’Edith jusqu’à la fin de sa vie. Il devient son auteur attitré, son amant et son coach vocal. En  janvier 1937, Edith enregistre «Mon légionnaire». «La Môme» n’est plus, ce sont les premiers débuts d’Edith Piaf.

Premières chansons et premiers succès pour Piaf

À seulement 23 ans, Edith Piaf trouve son premier engagement. Sous les conseils de Raymond Asso, elle est formée pendant des mois pour devenirune grande artiste du Music Hall. Elle fait ses premiers pas sur la scène de l’ABC où elle connaît son premier triomphe. Très vite, elle passe en tête d’affiche à Bobino. Edith devient une star et se tourne vers de nouveaux horizons sans abandonner la chanson. Elle rencontre le comédien Paul Meurisse qui sera son amant pendant deux ans.

En 1944, Piaf est une artiste accomplie. Sa rencontre avec Yves Montandest une nouvelle étape dans sa carrière. Elle le prend sous son aile et fait de lui un artiste. Parallèlement, elle noue une relation amoureuse avec lui. À l’écran, on peut voir le couple dans le film»Etoiles de la lumière». Toute sa vie, la chanteuse ne cessera de mêler ses liaisons à sa vie artistique, aidant ses amants à accéder à la célébrité. Edith révèle également un talent pour l’écriture. A la fin de l’année 1945, elle écrit l’un de ses plus célèbres succès internationaux «La vie en rose».

Edith Piaf, entre musique et films

C’est auprès de Paul Meurisse qu’Edith Piaf a fait ses débuts au théâtre dans «Un bel indifférent», puis au cinéma dans «Montmartre sur scène». Sur ce dernier tournage, elle fait la rencontre de Henri Contet qu’elle prend comme nouveau pygmalion et qui sera un des auteurs majeurs de sa carrière. Son talent pour l’art dramatique lui vaudra de tourner dans une dizaine de films.Pendant l’occupation allemande, Piaf continue à chanter tout en faisant acte de résistance dans des textes aux messages cachés. Après la guerre, Edith Piaf continue d’apparaître sur grand écran, dans plusieurs films où elle joue son propre rôle, notamment dans «Paris chante toujours» de Pierre Montazel en 1952 ou dans «Boum sur Paris» de Maurice de Canonge, en 1954.

Marcel Cerdan, le grand amour d’Edith Piaf

Pourtant, Edith Piaf n’est pas comblée par le succès. Elle pense déjà étendre sa carrière à la conquête de nouveaux territoires. En 1947, elle lance la carrière des Compagnons de la chanson. Ensemble, ils chantent «Les trois cloches» et embarquent pour les États-Unis où ils connaissent un succès relatif. Pourtant, elle s’installe dans un cabaret huppé de Manhattan. Elle conquiert peu à peu le cœur des Américains. C’est d’ailleurs aux Etats-Unis que Piaf fera ses plus belles rencontres. Elle croise le chemin de Marlene Dietrich qui restera l’une de ses plus fidèles amies et de Marcel Cerdan, l’amour de sa vie. 

Le boxeur français est marié, mais la passion qu’il vit avec Edith n’a pas d’égal. Ce couple restera l’un des plus magiques et des plus tragiques du XXème siècle.Marcel Cerdan meurt dans un accident d’avion, le 27 octobre 1949,alors qu’il venait rejoindre Edith, à New York. La môme ne se remettra jamais de ce nouveau coup du destin. Elle surmonte l’épreuve dès le lendemain en montant sur scène et livre une interprétation poignante de «L’hymne à l’amour», qu’elle dédie à son amour perdu. Mais c’est une femme brisée par le chagrin qui naît ce soir là et le désespoir, mué en dépressions chroniques, ne la quittera plus jamais. 

Edith Piaf et l’incontournable titre «La foule»

Dès 1950, Piaf refait surface et chante à la salle Pleyel. Elle fait également bientôt la rencontre de Charles Aznavour. Ce dernier multiplie les casquettes. Il est son chauffeur, son secrétaire, mais aussi son confident. Il lui écrit quelques titres dont l’adaptation française de «Jezebel» et «Plus bleu que tes yeux». Piaf est encore une fois à l’origine d’une carrière prometteuse. En 1951, une nouvelle épreuve attend la chanteuse. Elle subit deux accidents de voitureet en ressort fragilisée. Elle est contrainte d’apaiser ses douleurs par dela morphine, qu’elle mélange avec de l’alcool. Cette consommation devient une dépendance et l’anéantira physiquement.

La fin de la vie d’Edith Piaf est à l’image de sa destinée, entre succès professionnels et désespoirs sentimentaux. Edith poursuit son rêve de princesse en épousant Jacques Pills, un chanteur français, mais le mariage, célébré à New York, sera de courte durée. En 1953, Edith Piaf commence à se reprendre en main et subit sa première cure de désintoxication. L’entourage cache l’état de la grande dame à la presse. La chanteuse reste même des mois sans sortir de chez elle.

C’est grâce au métier qu’Edith revient à la vie, notamment lors de sa rencontre avec son public à l’Olympia en 1955. Elle repart à l’assaut des États-Unis, jusqu’à la mythique salle du Carnegie Hall de New York, où elle est accueillie avec émotion. En 1957, elle fait une ultime cure de désintoxicationà New York qui la débarrasse de ses vieux démons. La même année, Edith Piaf signe l’un de ses plus grands tubes, «La foule», inspiré de «Que nadie sepa mi sufrir», un morceau d’Enrique Dizeo qu’elle avait rencontré lors de sa tournée en Argentine.

Edith Piaf et la naissance de «Milord»

Jusqu’à la fin de sa vie, Piaf sera professionnellement comblée. Elle vivra pour son public quitte à s’épuiser sur scène. À partir de ce moment, elle se fera plus discrète. C’est à ce moment-là que Georges Moustaki entre dans la vie d’Edith Piaf. Il lui fait écouter quelques unes de ses compositions mais, déstabilisé, joue de manière lamentable. Piaf persévère en lui proposant de venir la voir lors du récital qu’elle joue le soir même. Ils seront amants pendant plus d’un an et vivront une passion tumultueuse. Le parolier lui écrira plusieurs titres de son répertoire dont le célèbre «Milord», parue en 1959, sur une musique de Marguerite Monnot. Il quitte cependant Piaf peu après un accident de voiture qu’ils ont ensemble en 1958, qui la fragilise et qui aggrave les problèmes de santé de la chanteuse et sa dépendance à la morphine.

En 1963, la mort d’Edith Piaf

En 1961, elle revient néanmoins sur scène pour sauver la célèbre salle parisienne, l’Olympia, de la faillite. Elle y livre son dernier testament «Non, je ne regrette rien» et, épuisée, s’écroulera sur scène à de multiples reprises. À l’été 1961, elle rencontre le dernier homme de sa vie, Théo Sarapo, un jeune chanteur grec de 26 ans. Elle l’épouse l’année suivante. Edith Piaf décède le 10 octobre 1963 dans sa résidence du sud.Elle n’a que 47 ans, mais les excès et les souffrances de la vie lui en donnent 20 de plus. Toute son existence, Piaf aura vécu pour les autres, pour son public, pour ses amants. Une vie jonchée de tragédie, pour un nom qui restera à jamais gravé dans la musique française.

Source: https://www.linternaute.fr/musique/biographie/1777430-edith-piaf-biographie-de-la-mome-de-la-chanson-francaise/

Edith Piaf, une vie pas toujours rose

Jusqu’à sa mort inattendue en 1963, Edith Piaf enchaîne les chansons à succès et s’affirme comme une icône de la scène française. Cette image la suit et la propulse au statut de légende voire mythe.

Encore aujourd’hui, ses chansons sont murmurées entre les générations, chantées à tue-tête dans les soirées, ou même utilisées comme référence au cinéma.

Enfance et mensonges

Édith Giovanna Gassion, plus connue sous le nom d’Édith Piaf, est née le 19 décembre 1915 à Paris. Au 72, rue de Belleville, dans le 20e arrondissement de Paris, lieu où elle serait née, se trouve une plaque apposée au mur en 1966. Très vite, une légende autour de sa naissance se crée. Édith Piaf aurait été «abandonnée à deux mois par sa mère, enlevée par une de ses grand-mères, frappée de cécité puis miraculeusement guérie…», explique au Point Robert Belleret, auteur de la biographie Piaf, un mythe français.

Le journaliste retrace dans son oeuvre, documents officiels à l’appui, la véritable enfance de la chanteuse. «À deux ans, elle vit dans le bordel que tient sa grand-mère paternelle. Elle fréquente très peu l’école : elle a une intelligence extrêmement vive, mais pas de culture.» Bien qu’elle n’ait jamais été aveugle, elle avait néanmoins «des problèmes aux yeux».

Elle a su entretenir son mythe et développer le mystère. Elle ne parlera jamais de son père «contorsionniste» et «il faut le dire, sale type». Elle taira aussi le reste de «sa famille où tout le monde, oncles, tantes, cousins, cousines, est acrobate, artiste, saltimbanque».

C’est pourtant en accompagnant son père sur la route des spectacles, qu’elle découvre son talent et sa passion pour le chant. Ces mystères, voire ces quelques mensonges, ont continué à l’âge adulte, pendant l’Occupation.

«Elle aurait pu se contenter de dire qu’elle avait été obligée d’aller chanter en Allemagne, qu’il s’agissait pour elle d’apporter un peu de réconfort aux prisonniers français. Mais non ! Elle invente un énorme canular en faisant croire que plus de 100 prisonniers se sont évadés grâce à elle – prisonniers dont on n’a évidemment pas trace, et qui ne se sont jamais manifestés», raconte Robert Belleret.

«La Môme Piaf» avant Édith

Dans les années 1930, Édith Piaf quitte sa vie itinérante pour se lancer dans une carrière solo à l’âge de 15 ans. Elle commence par chanter dans les rues, toujours accompagnée de sa meilleure amie Simone Berteaut, dit «Momone». Elle se produit dans les rues de Pigalle et de Belleville. 

Puis, par hasard, elle rencontre le gérant d’un cabaret. Louis Leplée, directeur de Le Gerny’s des Champ Élysées, l’engage et la rebaptise. Son premier nom de scène est «La Môme Piaf». Sa voix transperce l’univers artistique de Paris, elle commence à se faire un nom et être repéré ici et là.

Jacques Canetti, un producteur très réputé à l’époque, est envouté par sa voix. Après l’avoir fait signer dans son label Polydor, Édith Piaf enregistre son premier disque en 1936, Les mômes de la cloche.

Mais tout bascule lorsque Louis Leplée est assassiné. Les soupçons pèsent sur les artistes qui ont travaillé avec lui. Fautes de preuves, l’affaire est classée. Mais Édith Piaf et sa carrière sont entachées par cette histoire.

Elle se relève en faisant la connaissance de Raymond Asso. Il devient son auteur attitré, ainsi que son amant. Début 1937, elle enregistre Mon Légionnaire. Un titre qui marque le début de sa carrière en tant qu’Édith Piaf, et non plus la Môme.

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Chanteuse et actrice internationale

Elle se produit sur scène, ses chansons passent à la radio, elle connait un véritable triomphe. Elle s’essaye aussi au cinéma et rencontre finalement Yves Montand. L’actrice en tombe amoureuse alors qu’elle joue à ses côtés dans Étoile sans lumière (1946). Elle le prend sous son aile et le propulse sur le devant de la scène.

Elle a fait ses débuts au cinéma dans le film Montmartre sur Seine, sorti en 1941. Cet autre talent lui vaudra de tourner dans une dizaine de films.  Après la Seconde Guerre Mondiale, on la retrouve aussi au cinéma interprétant son propre rôle. C’est notamment le cas dans Paris chante toujours de Pierre Montazel en 1952 ou dans Boum sur Paris de Maurice de Canonge, en 1954.

En parallèle de ses nombreuses casquettes, Édith Piaf se met aussi à composer. Fin 1945, elle écrit ce qui sera l’un de ses plus grand succès international, La Vie en Rose.

Elle connaît également un léger succès aux États-Unis grâce au groupe les Compagnons de la chanson, qu’elle lance dans les années 1940. E,, 1947, ils chantent Les trois cloches, et se retrouvent en tournée à New York. Prévu pour une semaine, les Compagnons de la chanson restent quatre mois à l’affiche.

C’est à cette période qu’elle fera ses plus belles rencontres, sa fidèle amie Marlene Dietrich et l’amour de sa vie, Marcel Cerdan. De cette histoire d’amour naît l’iconique chanson Hymne à l’amour. 

Edith Piaf et Marcel Cerdan

Toute sa vie, la chanteuse a mêlé sa vie privée et sa vie professionnelle, sa vie d’artiste et sa vie amoureuse, aidant certains de ses amants à accéder à la célébrité. La chanteuse a aussi vécu une succession de drames personnels.

De sa première histoire d’amour avec Louis Dupont, qu’elle surnomme «Ptit Louis», naît une petite fille en 1933. Mais à seulement deux ans, Marcelle meurt d’une méningite foudroyante. 

Au cours de sa vie de parisienne et de chanteuse, Édith Piaf aura plusieurs amants comme Raymond Asso mais aussi Yves Montand et Georges Moustaki. Mais c’est à New York qu’elle rencontre l’homme qui a marqué sa vie, Marcel Cerdan.

Le français est un boxer, et surtout déjà marié. Ce qui ne les empêche pas de vivre une histoire passionnelle et magique, mais aussi dramatique. Les deux amants se rencontrent un soir d’été en 1946,  dans un restaurant parisien. Leur relation débute en octobre1947, mais prend brutalement fin quelques mois plus tard. Le 27 octobre 1949, Marcel Cerdan meurt dans un accident d’avion, alors qu’il venait la rejoindre à New York.

Très marquée par cette perte, elle aura du mal à s’en remettre. Elle est mariée à Jacques Pills, un chanteur français, entre 1952 et 1956.

À la fin de sa vie, Édith Piaf rencontre Théo Sarapo. Elle épouse le jeune chanteur grec, de 20 ans son cadet, en 1962.

La mort d’une icône

Les dernières années de sa vie, Edith Piaf est rongée par la dépression, l’alcool et sa dépendance à la morphine. Elle fait ses premiers adieux sur scène au Carnegie Hall (New York) puis en 1961 à l’Olympia (Paris). Elle y chante son très connu tire Non je ne regrette rien.

Avec son second mari, Théo Sarapo, elle part vivre dans le Sud de la France, d’abord à Saint-Jean-Cap-Ferrat, puis dans le quartier de Plascassier, à Grasse. Elle donne son dernier concert, très affaiblie, à Lille en mars 1963, quelques mois avant sa mort.

Édit Piaf décède le 10 octobre 1963, à la suite d’une rupture d’anévrisme. Comme elle souhaitait être enterrée à Paris, son corps a été transportée illégalement de Grasse vers la capitale, sans la nuit du 10 au 11 octobre. Le lendemain, un médecin vient à son domicile parisien pour constater le décès. Dans l’annonce officielle publiée à cette époque, Édith Piaf serait morte le 11 octobre à 7h du matin.

Ses obsèques ont lieu le 14 octobre. La veille, 100 000 personnes seraient venues se recueillir devant son domicile. Malgré une courte vie, l’univers musical lui doit des titres intemporels ainsi que la découverte de nombreux artistes comme Charles Aznavour, Yves Montand ou encore Georges Moustaki.

En 2007, Olivier Dahan réalise un film autobiographique sur la chanteuse, intitulé La Môme. C’est Marion Cotillard qui a la lourde tâche d’interpréter l’icône française. Pour ce rôle, elle remporte l’Oscar de la Meilleure actrice. Le film remporte aussi quatre BAFTA, cinq César et un Golden Globe.

Aujourd’hui, de plus en plus de voix s’élèvent pour faire entrer Édith Piaf au Panthéon. Après Simone Veil et Joséphine Baker, sera-t-elle la prochaine femme à y reposer, au côté des 75 hommes et 6 femmes.

Source: https://www.marieclaire.fr/edith-piaf,1417744.asp

Édith Piaf : l’histoire de la chanson mythique «Non, je ne regrette rien»

Ce n’est pas dans une salle de spectacle mais à la télévision que les Français ont entendu pour la première fois Edith Piaf chanter : Non, je ne regrette rienLe 2 décembre 1960, en exclusivité pour l’émission Cinq colonnes à la une, elle apparaît petite et frêle dans son éternelle robe noire. Dès qu’elle entonne le premier couplet, l’artiste est métamorphosée, comme transcendée. «Quand je chante, expliqua-t-elle alors, je ne m’appartiens plus. Je ne suis plus là. C’est un état second». 

Un coup de foudre musical

Cette chanson, l’artiste l’a enregistrée trois semaines auparavant le 10 novembre 1960 après un réel coup de foudre artistique. «Quand Michel Vaucaire (le parolier) et Charles Dumont (le compositeur) m’ont apporté la première fois Non, je ne regrette rien, ça a été comme une sorte de révélation en moi, c’est-à-dire que j’ai senti qu’il fallait que j’efface tout, que je recommence tout, que je me renouvelle tout à fait», confiait-elle. Charles Dumont avait alors 31 ans et ne croyait guère en ses chances, Édith Piaf lui ayant déjà refusé plusieurs titres. «J’étais dans de graves difficultés financières. J’ai écrit cette chanson dans la colère«, racontait-il en 2013. C’est le parolier Michel Vaucaire, l’époux de la chanteuse Cora Vaucaire, qui insistera pour présenter cette chanson à Edith Piaf.

La chanson de la renaissance

Rendez-vous est pris le 20 octobre 1960. La secrétaire d’Edith Piaf appelle pour annuler, la chanteuse ne se sentant pas bien, mais les deux hommes ne reçoivent pas le message et se présentent à 17 heures à l’adresse de Piaf, 67 boulevard Lannes à Paris. La secrétaire s’apprête à les éconduire quand ils entendent la voix de Piaf crier : «Fais-les entrer puisqu’ils sont là.»  Elle les accueille en robe de chambre, chaussons aux pieds. Charles Dumont se met au piano et joue. Elle lui demande alors de recommencer, une fois, deux fois, trois fois… Le musicien se souvient : «A la suite de la troisième fois, elle m’a dit : ‘Ecoutez jeune homme, vous cassez pas la tête, ne vous faites plus de mauvais sang. Cette chanson, elle vous suivra toute votre vie, ce sera un succès mondial et grâce à elle, je vais faire ma rentrée à l’Olympia‘».  Il explique aussi qu’elle avait une méthode très particulière: «Quand une chanson lui plaisait, elle la faisait écouter à tous ses amis. J’ai vu défiler tout le monde. J’ai commencé à cinq heures jusqu’à deux heures du matin (…) Je rentre me coucher, le téléphone sonne et elle me dit : ‘Vous pouvez pas revenir me jouer la chanson?’ Je me suis relevé et je suis revenu boulevard Lannes !».

Un retour sur scène triomphal 

Victime de graves problèmes de santé et d’addictions, la chanteuse avait quitté la scène un an auparavant, exténuée. Avec Non, je ne regrette rien, elle fait son grand retour et sauve l’Olympia, alors au bord de la faillite. Le 29 décembre 1960, le Tout-Paris s’y presse, ravi de la retrouver. Le journaliste et écrivain Jacques Pessis raconte : «Elle entre sur scène, avance vers le micro et il va y avoir 16 minutes d’applaudissements debout. Du jamais vu dans l’histoire du music-hall». Edith Piaf chante les nouveaux titres composés pour elle par Charles Dumont parmi lesquels Non, je ne regrette rien et fait un triomphe. Pour Jacques Pessis, «Piaf avait le sens des chansons, des paroles et des musiques qui touchaient le public parce qu’elle est née dans la rue, elle y a grandi. Elle a tout de suite compris que dans cette chanson, il y avait une idée, une mélodie qu’elle pouvait chanter. C’est pour ça qu’elle se l’est totalement appropriée». Elle restera en tête du hit-parade de l’époque, la bourse aux vedettes, pendant 48 semaines. C’est l’une des chansons d’Edith Piaf les plus connues dans le monde avec La vie en rose. 

L’hymne de la Légion 

On a parfois dit et écrit que la môme Piaf avait dédié Non, je ne regrette rien à la Légion Etrangère. Le journaliste Jacques Pessis veut rectifier : «C’est la Légion qui s’est emparée de cette chanson pour en faire un hymne parce qu’elle correspondait à ce que pensent les soldats, ils ne regrettent jamais rien dans les combats.» 

On ne compte plus le nombre d’artistes qui ont un jour repris cette chanson mythique : Dalida, Johnny Halliday, Mireille Mathieu, Nicolas Peyrac, Patricia Kaas, Tina Arena… et, bien-sûr, Charles Dumont !

La môme Piaf la chantera jusqu’à la fin de sa vie en 1963. Et Jacques Pessis de conclure : «Piaf n’a jamais rien regretté et surtout pas son retour à la scène en 1960 alors que tout le monde pensait qu’elle ne pourrait pas sortir de son lit. Grâce aux trois ans qui ont suivi sur scène, elle a prolongé sa vie, elle ne vivait que pour la scène.»

La chanteuse s’éteindra le 10 octobre 1963, à l’âge de 47 ans. 

Source: https://www.francetvinfo.fr/culture/musique/chanson-francaise/edith-piaf-l-histoire-de-la-chanson-mythique-non-je-ne-regrette-rien_4176125.html

Édith Piaf, non, elle n’a rien regretté

Composée en 1956, Non, je ne regrette rien est une chanson dont les paroles sont signées Michel Vaucaire et la musique Charles Dumont. Elle a été enregistrée pour la première fois par Édith Piaf le 10 novembre 1960. À l’époque, Piaf souffrait déjà de polyarthrite. Entre crises de nerfs, colères terribles et souffrances innommables, l’artiste de Belleville – surnommée la môme par Louis Leplée, gérant d’un cabaret sur les Champs-Élysées, qui l’avait repérée dans la rue) – avait perdu le goût de vivre… et de chanter. Sa vie avait été jalonnée de misère et de drames personnels (décès de sa fille Marcelle, accident de voiture, mort de son amant Marcel Cerdan…).Mais également de succès et de bonheurs.

Dans cette chanson qui lui tombait comme un gant, l’interprète se souvient de son passé, du bien comme du mal, et affirme, en faisant table rase de tout et en s’octroyant un nouveau départ, «car ma vie, car mes joies, aujourd’hui, ça commence avec toi». Ce «toi» était déjà ou allait être Théo Lamboukas, le dernier homme de sa vie qu’elle surnommera Théo Sarapo («je t’aime» en grec).


Charles Dumont, son compositeur le plus célèbre et à qui elle doit ce tube, dira que Piaf était «une artiste unique, une voix et une présence scénique sans égales mais, au quotidien, elle n’était pas une extraterrestre, juste un être humain avec ses bons et ses mauvais jours. Elle n’était pas facile, mais je n’ai jamais connu un être exceptionnel qui soit facile.»
D’ailleurs Dumont raconte comment, ce 5 octobre 1960, alors jeune compositeur âgé de 31 ans, il s’est décidé à lui présenter une de ses nouvelles compositions. Comme Piaf lui a déjà refusé deux de ses chansons, c’est à contrecœur qu’il arrive à son domicile. Très fatiguée et malade, Édith Piaf accepte de le recevoir, ainsi que Michel Vaucaire qui a écrit les paroles. Charles Dumont se met au piano et joue une première fois Non, je ne regrette rien.

Mais reprenons le récit de Charles Dumont pour comprendre ce tube éternel et magique.
«Sur un ton peu aimable, Piaf me demande de recommencer. À la deuxième écoute, elle m’interroge le plus sérieusement du monde :
– «C’est vraiment vous qui avez écrit cette chanson ?»
– Oui, oui madame, répond Charles Dumont, furieux.
– «Vous ne voulez pas me la rejouer une troisième fois?»
La troisième fois, elle a changé d’attitude dans les trois minutes que dure la chanson. Elle me regardait d’une autre manière. Elle a changé de ton et elle m’a dit : «Ne vous faites plus de souci, jeune homme, cette chanson va faire le tour du monde et c’est avec elle que je commencerai mon prochain tour de chant».»

Non, je ne regrette rien a donné à Édith Piaf la force de remonter sur scène. L’icône légendaire va la chanter pour la première fois le 29 décembre 1960, en ouverture de son récital à l’Olympia. Ce soir-là, il y aura 22 rappels.
Pour cette battante qui vivait ses chansons et pour la chanson, ce tube sera «à l’origine de sa résurrection au début des années 60 et du sauvetage de l’Olympia».

Source: https://www.lorientlejour.com/article/848331/edith-piaf-non-elle-na-rien-regrette.html

Non, je ne regrette rien – Édith Piaf

Avec mes souvenirs
J’ai allumé le feu
Mes chagrins, mes plaisirs
Je n’ai plus besoin d’eux
Balayé les amours
Avec leurs trémolos
Balayé pour toujours
Je repars à zéro

Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
Ni le bien qu’on m’a fait
Ni le mal
Tout ça m’est bien égal
Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
C’est payé, balayé, oublié
Je me fous du passé

Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
Ni le bien qu’on m’a fait
Ni le mal
Tout ça m’est bien égal
Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien
Car ma vie
Car mes joies
Aujourd’hui
Ça commence avec toi

Dans les profondeurs de la mer

LE SAVIEZ-VOUS ? LE COMMANDANT Jacques-Yves Cousteau

Figure incontournable qui a marqué notre planète et ses océans, Jacques-Yves Cousteau et ses équipes ont mené à bien de nombreuses expéditions à bord de la célèbre Calypso, visant à explorer le monde sous-marin, alors très peu connu à cette époque.

Certaines des expéditions de Jacques-Yves Cousteau ont donné lieu à des documentaires visant à sensibiliser le public sur la préservation des océans et des profondeurs marines.

Mais le saviez-vous ?

1. Personnalité

Né le 11 juin 1910 à St André de Cubzac en Gironde, Cousteau entre à l’école navale en 1930 où il se destine à l’origine à une carrière d’aviateur dans la Marine, mais qui prend fin suite à un grave accident de voiture. Aventurier dans l’âme, il se tourne alors vers l’océan. Avec l’aide d’Émile Gagnan et l’invention du « détendeur » de plongée, il perfectionne le principe du scaphandre autonome.

L’origine de son célèbre bonnet rouge devenu symbole de son personnage est dû aux essais des premiers scaphandres du XIXème siècle. Pour l’occasion, des bagnards étaient désignés volontaires et se voyaient attribuer des couleurs vives et un bonnet rouge pour les différencier des autres marins. En portant un bonnet rouge, Cousteau souhaitait leur rendre hommage.

Le commandant a toujours été une personnalité très appréciée des français. Le journal du dimanche relèvera que Jacques-Yves Cousteau aurait atteint la première classe de ce classement 20 fois entre la période de 1988 et 1996, devançant ainsi l’Abbé Pierre : 16 fois lauréat.

2. La Calypso

Lorsque le film « Aventure en Mer Rouge » de Hans Hass est primé lors d’un évènement en 1950, Cousteau se lance dans un nouveau projet visant à créer un film sous-marin en couleur. Pour se donner les moyens il se lance dans une campagne de mécénat. C’est à cette occasion que le millionnaire Loël Guiness lui offre le 19 juillet 1950 un bateau sur lequel il pourra parcourir les océans. Son nom : la Calypso. Avec son navire, Cousteau naviguera près de 40 ans sur une grande partie des mers du globe, ce qui lui permettra de réaliser sa longue série de documentaires « L’Odyssée sous-marine du commandant Cousteau » rendant ainsi l’équipage et la Calypso mondialement connus.

La Calypso coule dans le port de Singapour en 1996 après avoir été heurtée accidentellement par une barge. Renflouée et rapatriée en France pour restauration, elle est laissée à l’abandon plusieurs années en raison d’un litige qui oppose un chantier naval et la Fondation Cousteau. En 2012, elle est classée « bateau d’intérêt patrimonial » par la fondation patrimoine maritime et fluvial. Le 1er avril 2016, la Calypso arrive en Turquie pour sa phase de restauration et de modernisation où les travaux sont toujours en cours.

3. Inventeur et découverte

Le commandant Jacques-Yves Cousteau est à l’origine de nombreuses améliorations et inventions marines. La constante amélioration du scaphandre ainsi que les soucoupes plongeantes, portent la griffe Cousteau. Il étudie avec l’aide du Professeur Malavard et l’ingénieur Charrier, la Turbovoile : un tout nouveau système complémentaire de propulsion éolienne. L’invention est testée en 1985 sur l’Alcyone, qui est aujourd’hui le navire d’expédition de l’Équipe Cousteau. Il est entretenu par des bénévoles dans le port de la ville de Caen en Normandie.

Parmi ses nombreuses découvertes, lors d’une exploration en mer Égée, Jacques-Yves Cousteau retrouve le 3 décembre 1975, l’épave du Britannic : le navire jumeau du Titanic qui avait sombré 59 ans plus tôt. Il s’agit de la plus grande épave de paquebot au monde, découverte à 120 mètres de profondeur. Un an après (le temps d’obtenir l’autorisation des autorités grecques) Cousteau et son équipe plongent à l’intérieur de l’épave. L’exploration est filmée et suivie depuis la surface par l’une des survivantes du naufrage. Certains éléments de l’épave sont remontés à la surface et un documentaire est produit pour la série télévisée « L’Odyssée sous-marine de l’équipe Cousteau ».

4. Écologiste dans l’âme

Défenseur de l’écosystème marin, Cousteau s’engage en 1960 contre l’immersion de deux mille tonnes de déchets radioactifs en méditerranée. Pour défendre la préservation de la vie marine, il créé en 1974 The Cousteau Society : une organisation de droit américain à but non lucratif. En 1981 la Fondation Cousteau, aujourd’hui l’Équipe Cousteau voit le jour.

Ses films documentaires tournés lors de ses expéditions, ont pour but d’attirer l’attention du public et de les sensibiliser sur le désastre écologique dû à la négligence humaine.

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Jacques-Yves Cousteau en 1972 // Photo via Wiki Commons par Peters, Hans / Anefo

INSOLITE•2 AVRIL 2020

LE SAVIEZ-VOUS ? LE COMMANDANT JACQUES-YVES COUSTEAU

Figure incontournable qui a marqué notre planète et ses océans, Jacques-Yves Cousteau et ses équipes ont mené à bien de nombreuses expéditions à bord de la célèbre Calypso, visant à explorer le monde sous-marin, alors très peu connu à cette époque.

Certaines des expéditions de Jacques-Yves Cousteau ont donné lieu à des documentaires visant à sensibiliser le public sur la préservation des océans et des profondeurs marines.

Mais le saviez-vous ?


1. Personnalité

Né le 11 juin 1910 à St André de Cubzac en Gironde, Cousteau entre à l’école navale en 1930 où il se destine à l’origine à une carrière d’aviateur dans la Marine, mais qui prend fin suite à un grave accident de voiture. Aventurier dans l’âme, il se tourne alors vers l’océan. Avec l’aide d’Émile Gagnan et l’invention du « détendeur » de plongée, il perfectionne le principe du scaphandre autonome.

L’origine de son célèbre bonnet rouge devenu symbole de son personnage est dû aux essais des premiers scaphandres du XIXème siècle. Pour l’occasion, des bagnards étaient désignés volontaires et se voyaient attribuer des couleurs vives et un bonnet rouge pour les différencier des autres marins. En portant un bonnet rouge, Cousteau souhaitait leur rendre hommage.

Le commandant a toujours été une personnalité très appréciée des français. Le journal du dimanche relèvera que Jacques-Yves Cousteau aurait atteint la première classe de ce classement 20 fois entre la période de 1988 et 1996, devançant ainsi l’Abbé Pierre : 16 fois lauréat.


2. La Calypso

Lorsque le film « Aventure en Mer Rouge » de Hans Hass est primé lors d’un évènement en 1950, Cousteau se lance dans un nouveau projet visant à créer un film sous-marin en couleur. Pour se donner les moyens il se lance dans une campagne de mécénat. C’est à cette occasion que le millionnaire Loël Guiness lui offre le 19 juillet 1950 un bateau sur lequel il pourra parcourir les océans. Son nom : la Calypso. Avec son navire, Cousteau naviguera près de 40 ans sur une grande partie des mers du globe, ce qui lui permettra de réaliser sa longue série de documentaires « L’Odyssée sous-marine du commandant Cousteau » rendant ainsi l’équipage et la Calypso mondialement connus.

L’épave renflouée de la Calypso, attendant une hypothétique restauration muséologique, image via Wikipedia

La Calypso coule dans le port de Singapour en 1996 après avoir été heurtée accidentellement par une barge. Renflouée et rapatriée en France pour restauration, elle est laissée à l’abandon plusieurs années en raison d’un litige qui oppose un chantier naval et la Fondation Cousteau. En 2012, elle est classée « bateau d’intérêt patrimonial » par la fondation patrimoine maritime et fluvial. Le 1er avril 2016, la Calypso arrive en Turquie pour sa phase de restauration et de modernisation où les travaux sont toujours en cours.


3. Inventeur et découverte

Le commandant Jacques-Yves Cousteau est à l’origine de nombreuses améliorations et inventions marines. La constante amélioration du scaphandre ainsi que les soucoupes plongeantes, portent la griffe Cousteau. Il étudie avec l’aide du Professeur Malavard et l’ingénieur Charrier, la Turbovoile : un tout nouveau système complémentaire de propulsion éolienne. L’invention est testée en 1985 sur l’Alcyone, qui est aujourd’hui le navire d’expédition de l’Équipe Cousteau. Il est entretenu par des bénévoles dans le port de la ville de Caen en Normandie.

Parmi ses nombreuses découvertes, lors d’une exploration en mer Égée, Jacques-Yves Cousteau retrouve le 3 décembre 1975, l’épave du Britannic : le navire jumeau du Titanic qui avait sombré 59 ans plus tôt. Il s’agit de la plus grande épave de paquebot au monde, découverte à 120 mètres de profondeur. Un an après (le temps d’obtenir l’autorisation des autorités grecques) Cousteau et son équipe plongent à l’intérieur de l’épave. L’exploration est filmée et suivie depuis la surface par l’une des survivantes du naufrage. Certains éléments de l’épave sont remontés à la surface et un documentaire est produit pour la série télévisée « L’Odyssée sous-marine de l’équipe Cousteau ».


4. Écologiste dans l’âme

Défenseur de l’écosystème marin, Cousteau s’engage en 1960 contre l’immersion de deux mille tonnes de déchets radioactifs en méditerranée. Pour défendre la préservation de la vie marine, il créé en 1974 The Cousteau Society : une organisation de droit américain à but non lucratif. En 1981 la Fondation Cousteau, aujourd’hui l’Équipe Cousteau voit le jour.

Ses films documentaires tournés lors de ses expéditions, ont pour but d’attirer l’attention du public et de les sensibiliser sur le désastre écologique dû à la négligence humaine.

Il lance en 1990 avec l’aide de plusieurs ONG, une pétition mondiale visant à sauver l’Antarctique de l’exploitation minière. C’est une opération réussie : la décision est prise de protéger cette terre vierge pour les cinquante prochaines années. De par ses nombreuses actions écologiste, il est l’invité officiel de la conférence des Nations Unies pour l’environnement et le développement à Rio de Janeiro en 1992.

Le 25 juin 1997 âgé de 87 ans, le commandant Jacques-Yves Cousteau s’éteint. Même si aujourd’hui l’homme n’est plus là, son message reste toujours d’actualité. A sa mort, il lègue à ses deux associations : l’Équipe Cousteau et The Cousteau Society la mission de continuer à transmettre son message et à sensibiliser le monde.

5. Héritage

Aujourd’hui, la « marque » Cousteau a pratiquement disparu. Cela s’explique par la rupture familiale entre les deux principaux héritiers du célèbre commandant : Francine Cousteau : deuxième femme du commandant, et Jean-Michel Cousteau : son fils ainé. La guerre entre les deux clans a très vite eu un impact sur les deux associations de l’ancien commandant où le nombre d’adhérents a considérablement diminué, là où dans les années 90, la Fondation Cousteau comptait près de 100 000 membres en France et la Cousteau Society en comptabilisait 250 000. Ces associations représentaient une réelle arme pour les défenseurs de l’environnement : elles avaient permis de sauver l’Antarctique dans les années 90.

Le véritable symbole du naufrage de l’héritage Cousteau reste son célèbre bateau : la Calypso, abandonnée pendant de nombreuses années à La Rochelle puis à Concarneau pendant le litige qui opposait les deux parties quant au devenir du navire.

Source: https://www.mer-ocean.com/le-saviez-vous-le-commandant-jacques-yves-cousteau/

Le commandant Cousteau, inventeur génial et écologiste de terrain

En 1992, au sommet de Rio, on pouvait voir des célébrités comme Jane Fonda et Pelé côtoyer des représentants comme le Dalaï-lama et George Bush. Mais au moment de prendre la photo officielle, présidents, premiers ministres et dirigeants du monde entier n’avaient d’yeux que pour un seul personnage public. Alors qu’ils se regroupaient, ils ont insisté pour que Jacques-Yves Cousteau les rejoigne.

L’explorateur, océanographe et défenseur de la nature, qu’on a surnommé « Capitaine Planète », était venu pour demander aux dirigeants de reconnaître aux générations futures le droit de jouir d’une planète non polluée, responsabilité que l’ONU a fini par endosser. Près de trente ans plus tard, on se souvient toujours de Jacques Cousteau pour ses contributions indélébiles à notre vision du monde et de l’environnement. Voici comment il s’y est pris pour inscrire l’environnement à l’ordre du jour international.

1. IL A MONTRÉ LE MONDE SOUS-MARIN

Le commandant Cousteau est connu pour avoir été un des pionniers de la plongée au milieu du 20e siècle. Ancien officier de marine, Cousteau a peu à peu été amené à s’intéresser à l’exploration des océans. En 1943, alors qu’il était à la recherche d’une façon de rendre les profondeurs accessibles aux plongeurs indépendants, il effectue des modifications sur un équipement de respiration sous-marine qui existait déjà de manière à permettre aux plongeurs de rester sous la surface plus longtemps sans être attachés à un tuyau d’air relié à un bateau.

C’est alors que le détendeur de plongée, ou « Aqua Lung », voit le jour. Celui-ci administre de l’air à la demande et à la pression désirée. L’appareil a libéré les plongeurs de leur bateau et leur a permis d’aller voir ce qui se passait sous la surface. Un monde vaste et vierge qui fourmillait de vie inconnue les y attendait.

Grâce à la plongée on pouvait désormais faire des recherches scientifiques, découvrir de nouvelles espèces, se débarrasser des mines et même organiser des fouilles archéologiques sous l’eau. Mais Jacques Cousteau, malgré son génie, n’a dissipé qu’une infime partie du mystère des profondeurs : à ce jour, 80 % des océans demeurent inexplorés.

2. IL NOUS A MONTRÉ POURQUOI IL FALLAIT PRENDRE SOIN DES OCÉANS

Cousteau était fasciné par l’idée de faire des photos sous l’eau et s’est assez tôt mis à modifier et à inventer des équipements photographiques comme la « luge sous-marine » qui lui a permis de filmer sur le plancher de l’océan. Après avoir amélioré l’équipement de plongée, il a travaillé avec Harold Edgerton, professeur de l’Institut de technologie du Massachussets (MIT), pour mettre au point des projecteurs adaptés aux conditions sous-marines extrêmes. Grâce à ses lumières stroboscopiques qui illuminaient les animaux et à ses projecteurs capables de faire le jour en eau profonde, Cousteau a permis de révéler ce qui se tramait dans les fonds marins.

Il est aussi à l’origine du premier véritable appareil photo sous-marin, le Calypso, du nom de son célèbre navire. Cet appareil de 1961 pouvait être utilisé jusqu’à 180 mètres de profondeur et fonctionnait également en surface. Grâce à cette innovation ainsi qu’à d’autres, il a été possible de prendre des photos et même de filmer sous l’eau. Les images saisissantes prises par Cousteau avaient d’ailleurs été publiées dans National Geographic, qui avait eu l’honneur de financer certaines de ses explorations.

Grâce à ses photographies étourdissantes et à des films influents comme Le Monde du silence (1956), Le Monde sans soleil (1964) et Voyage au bout du monde (1977), Cousteau a transformé en art ce qui n’était à l’origine qu’un médium. L’avènement de la photographie sous-marine n’a pas profité qu’aux explorateurs et aux scientifiques, il a permis au public de comprendre les merveilles de l’océan et de se sentir concerné par leur sauvegarde.

3. SON COMBAT POUR LES RÉCIFS CORALLIENS

Sa vie au contact des créatures marines l’a fait passer des « films d’aventure », pour reprendre ses mots, à la défense de toute forme de vie marine. Sa vie sous l’eau lui a permis de saisir toute l’importance des récifs coralliens et des plantes et animaux sous-marins. Cousteau a fait partie des premiers à documenter l’usage du sonar chez les dauphins ; il a également découvert de nouvelles espèces et même identifié des bassins volcaniques inconnus sur le plancher océanique.

Bien que Cousteau ait fait office d’ambassadeur des océans pendant sa longue vie, son palmarès a été terni par des accusations de cruauté envers les animaux dont il se serait rendu coupable au début de sa carrière. Dans une biographie sur son père, Jean-Michel Cousteau écrivait que l’explorateur utilisait et tuait des animaux marins capturés et leur réservait des traitements insensibles. Dans un de ses films, Cousteau fait la démonstration de la pêche à l’explosif, technique dont se servaient les premiers plongeurs et qui consistait à jeter de la dynamite dans l’eau pour recenser la vie animale à un endroit donné en faisant remonter à la surface des créatures qui autrement fuient les plongeurs.

Pourtant, à la fin de sa vie, Cousteau avertissait les humains qu’ils étaient en train d’épuiser et de dévaster les océans, qu’ils menaçaient la vie animale et qu’ils étaient sur le point de détruire les récifs coralliens. En 1974, il confiait à Paul Dustan qu’il soupçonnait que les humains étaient responsables de la dégradation de ceux-ci. Selon la communauté scientifique, dix années nous séparent de la destruction du corail par le blanchissement et le changement climatique, entre autres menaces.

4. IL A DONNÉ L’ALERTE SUR LES DÉCHETS NUCLÉAIRES

En passant de plus en plus de temps dans l’eau, Cousteau s’est inquiété de l’intention des gouvernements d’immerger des déchets nucléaires dans les océans et les mers du monde. En 1959, après avoir appris que le gouvernement français voulait déposer ses déchets nucléaires dans la Méditerranée, Cousteau a pris part à une campagne publique d’information massive et est devenu un fervent opposant à la fois à l’énergie nucléaire et à l’utilisation des océans comme zones d’enfouissement des déchets.

Sa campagne a été un succès et il a poursuivi sa lutte acharnée contre la pollution des océans grâce à sa fondation, à ses livres et à ses interventions publiques. « Nous voulons pour tous le droit de décider des risques que l’on prend ou non et de préserver la qualité de la vie pour les générations à venir », écrivait-il dans un pamphlet en 1990.

5. TOUS RESPONSABLES POUR LES GÉNÉRATIONS FUTURES

Son exploration inlassable des profondeurs l’a mené à ressentir une grande responsabilité non seulement pour les humains et les animaux de son temps, mais aussi pour la vie future. En 1991, il a commencé à réunir des signatures pour une pétition pour les droits des générations futures dans le but de faire pression sur les Nations unies pour que celles-ci modifient leurs statuts pour y inclure le droit de celles ceux qui ne sont pas encore né.e.s à jouir de la nature.

Cousteau a fini par réunir neuf millions de signatures dans le monde entier et, en 1997, l’UNESCO a fait une déclaration sur les responsabilités des générations présentes à l’égard de celles à venir. On y lit notamment qu’elles ont la responsabilité de « léguer aux générations futures une Terre qui ne soit pas irréversiblement endommagée par l’activité humaine ».

Cousteau a rappelé ces obligations lors de la conférence des Nations unies à laquelle il participait en 1992. « Les générations futures ne nous pardonneront pas d’avoir délibérément gâché leur dernière opportunité, a-t-il dit. Mettons fin à ce génocide à retardement ! Cessons de ne penser qu’à nous-mêmes et de raisonner uniquement à court terme […] Il en va de notre responsabilité, car nous tenons entre nos mains l’avenir des générations exigeantes de demain. »

Source: https://www.nationalgeographic.fr/environnement/le-commandant-cousteau-inventeur-genial-et-ecologiste-de-terrain#:~:text=Gr%C3%A2ce%20%C3%A0%20ses%20lumi%C3%A8res%20stroboscopiques,nom%20de%20son%20c%C3%A9l%C3%A8bre%20navire.

L’homme qui grenouille

Gentil ami de la nature, le populaire Jacques-Yves COUSTEAU? Films hollywoodiens, affaires juteuses, procès contre son fils aîné… A 84 ans, Cousteau » brasse encore les millions.

Né sous le signe du Zodiac, le commandant Cousteau est un homme de spectacle qui, depuis quarante ans, interprète un rôle d’ami de la nature: un personnage gentil, qui filme des animaux gentils. L’été en saharienne Lanvin. L’hiver en costume d’humanoïde à col chevalier, commandé depuis trente ans chez Vernet, 116, Champs-Elysées. Il est entré en fonction en 1956, grâce à un documentaire-culte, le Monde du silence, réalisé avec Louis Malle, qui obtint la palme (hihi) d’or à Cannes. Pour la première fois, le public, et surtout les enfants, découvraient les fonds marins. Un monde neuf. «On buvait ce film», dit drôlement Bernard Violet, biographe iconoclaste (1). Le capitaine de corvette Cousteau obtint illico le poste de directeur du musée océanographique de Monaco et quitta la Marine nationale. Les Requins associés, sa société de production, commençait son ascension commerciale.

Né sous le signe du Zodiac, le commandant Cousteau est un homme de spectacle qui, depuis quarante ans, interprète un rôle d’ami de la nature: un personnage gentil, qui filme des animaux gentils. L’été en saharienne Lanvin. L’hiver en costume d’humanoïde à col chevalier, commandé depuis trente ans chez Vernet, 116, Champs-Elysées. Il est entré en fonction en 1956, grâce à un documentaire-culte, le Monde du silence, réalisé avec Louis Malle, qui obtint la palme (hihi) d’or à Cannes. Pour la première fois, le public, et surtout les enfants, découvraient les fonds marins. Un monde neuf. «On buvait ce film», dit drôlement Bernard Violet, biographe iconoclaste (1). Le capitaine de corvette Cousteau obtint illico le poste de directeur du musée océanographique de Monaco et quitta la Marine nationale. Les Requins associés, sa société de production, commençait son ascension commerciale.

Aujourd’hui, lorsqu’on visionne le Monde du silence en compagnie d’enfants convena-bles, en âge d’être les arrière-petits-enfants du commandant, ceux-ci sont stupéfaits: «Gros sauvages! Respectent pas les animaux.» La rhétorique écologiste a lavé les jeunes cervelles. L’équipage de la Calypso massacre une tribu de requins dans une scène à la Cronenberg, abat d’une balle dans la tête un bébé cachalot haché par les pales du navire, dynamite un jardin de coraux tandis que la caméra s’attarde sur l’agonie tragico-rigolote d’un diodon. Les marins chevauchent des tortues en tirant sur des cigarettes qui nuisent gravement à la santé. Les enfants de 1956 rêvaient, ceux de 1995 sont scandalisés. «Ils ont raison et j’en suis fier, dit le commandant, roublard. Cela prouve que les mentalités ont évolué, grâce à moi.» Visage hâve, il ressemble à une institutrice en retraite. Tel un sociétaire d’Art Média, Cousteau ne reçoit la presse que pour commercer. Actuellement, il promeut un livre sur Madagascar (Plon) et un documentaire produit avec Ted Turner.

Dans le nouveau siège de sa fondation (250.000 adhérents), hôtel particulier gardé par des scaphandres, Cousteau communique en buvant de l’eau Perrier. On n’interviewe pas le commandant, on écoute un argumentaire. Lorsqu’on ose une question, il dit: «Vous me brusquez un peu.» L’attachée de presse maison note. Lui rame pour légitimer le caractère scientifique de ses expéditions. Les plongeurs de la Calypso ont raconté comment, pour obtenir des images séduisantes, ils avaient manipulé les animaux. Employant, par exemple, une solution de chlorax sur les pieuvres (Pieuvre, petite pieuvre, 1972) (1). Les belles images ont un prix. Cinq à six millions de francs le tournage. Cousteau ne tourne pas des documentaires, mais des films scénarisés à Hollywood, qui exigent des supercheries. «Ted Turner a les droits pour l’Amérique du Sud et du Nord. Avec l’aide de la banque Worms, nous avons monté une société de production à Majorque pour les droits dans les autres pays», dit JYC. Prononcer «Jique», comme madame Cousteau II, une plantureuse qui chaloupe dans les parages, sur des escarpins à motif panthère.

«Mauvais traitements infligés aux animaux? Moi qui évite d’écraser les fourmis»», JYC enchaîne sur les grandes menaces qui alimentent ses films et le fond de roulement de la fondation. Explosion démographique. Réchauffement de la planète. Et parle de Cousteau Junior, le magazine que lance le groupe Hachette en novembre. S’il a réussi sur le plan commercial, ses autres tentatives sont moins heureuses. L’Argyronète, projet de sous-marin futuriste qui échoua, coûta 57 millions de francs en 1972 aux contribuables français. Après une tempête financière enregistrée par la Cour des comptes, Cousteau quitta la France et entama aux Etats-Unis une carrière en mondovision. Sa célébrité lui valut de vanter des croquettes de poisson congelé à la télévision britannique. Le parc océanique Cousteau, aux Halles creusa, lui, un passif abyssal de 10 millions de francs avant de sombrer. L’Aquaboulevard a racheté la baleine en carton-pâte. Quand on aime, on ne compte pas.

Cousteau jouit d’un droit d’expression tout terrain sur le seul crédit de sa popularité. Au box-office (2), il dispute la première place à l’abbé Pierre. Les médias pour grandes personnes lui sont ouverts, sur des motifs plus sentimentaux que rigoureux. Pour qu’il s’exprime sur les essais de Mururoa, le Monde lui offre sa Une. En janvier 1986, à Punta Arenas (Chili), Cousteau se dit totalement opposé aux essais dans le Pacifique Sud. En 1988, dans France-Soir, il déclare les tirs français inoffensifs. Est-ce un effet du hasard? Quelques mois plus tard, Pierre Joxe, ministre de la Défense, offre un million de francs à la fondation, pour la construction de la Calypso II. En 1995, Cousteau dénonce les essais et» les déclare sans danger.

Ancêtre du «politiquement correct», Cousteau est aujourd’hui victime de sa réussite. Comme Walt Disney, son histoire et sa vie privée sont passées au sonar. Séquence Occupation: JYC a passé la guerre en apnée. Aux îles de Lérins. Son premier court-métrage, Par 18 mètres de fond, réalisé en 1943, reçoit les éloges de Lucien Rebatet dans Je suis partout, son frère aîné, Pierre-Antoine Cousteau, en

est le rédacteur en chef. Condamné à mort après la guerre, ce dernier quitte Clairvaux dix ans plus tard, brouillé avec JYC à qui il reprochait de l’avoir délaissé en prison. Les deux hommes n’étaient pas sur la même longueur d’onde.

Séquence dynastique: il intente ces jours-ci un procès à son fils aîné, pour utilisation abusive de leur nom. Celui-ci a installé dans les îles Fidji un complexe de vacances baptisé Cousteau les Flots Bleus. «Mon fils est charmant, mais il n’est pas capable. Ce n’est pas parce qu’un gosse est né de votre sperme qu’il a les qualités nécessaires pour vous remplacer», a-t-il un jour déclaré au Nouvel Economiste. Jean-Philippe est le fils de madame Cousteau I, décédée en 1990, après cinquante ans de service à bord de la Calypso. «Simone fut la seule femme de marin à avoir attendu son mari en mer», a dit Falco, un plongeur du navire. Le second fils du commandant, Philippe, est mort en 1979 dans le crash d’un hydravion. Il y a deux ans, le commandant se remarie avec Francine, ex-hôtesse de l’air, et présente deux Cousteau junior de 13 et 15 ans.

Lorsqu’on demande au commandant ce qui génère sa popularité, il dit: «Je n’ai jamais raconté de bo-bards.» En voilà justement un… et c’est ce qui a fait son charme. Durant quatre décennies, Cousteau a approvisionné les enfants des villes en féeries aquatiques. Sa biographie n’est pas formatée sur ce modèle. Mais pourquoi, en l’apprenant, les grandes personnes réagissent-elles comme des enfants?.

Source: https://www.liberation.fr/terre/1995/09/29/l-homme-qui-grenouille_142899/

Le commandant Cousteau : défenseur moderne des océans

« One Ocean Summit », le premier sommet créé pour la protection des océans, s’est terminé le 11 janvier dernier. Plusieurs jours de conférences entre spécialistes ont été établis pour décréter des mesures autour de la préservation marine. Les océans étaient jusqu’alors les grands oubliés de la prise de conscience écologique. Il a fallu attendre 2022 pour que l’on consacre enfin un événement à cet espace planétaire. Si les mesures étatiques et internationales se sont faites attendre, les dénonciations de l’urgence marine, elles, avaient été clamées bien avant. Et une figure sort du lot : il s’agit du commandant Cousteau.

Créateur de l’océanographie

Jacques-Yves Cousteau naît en 1910 et disparaît en 1997, laissant derrière lui les majeures découvertes océanographiques du siècle.

Quand il atteint ses 20 ans, il entre à l’Ecole Navale et devient officier canonnier. C’est un accident grave de voiture qui met fin à la carrière d’aviateur qu’il entreprend dans l’armée. En 1936, il essaie des lunettes sous-marines. Sa passion bascule alors des cieux à la mer et ne le quitte plus. Il met à profit son instinct inventif pour développer, avec l’ingénieur Emile Gagnan, le scaphandre autonome en 1943. Le monde sous-marin devient enfin perceptible.

Ses inventions ne se limitent pas au scaphandre. En effet, en 1946, il améliore le vêtement « à volume constant » permettant de nager dans les eaux les plus froides, l’ancêtre de nos combinaisons étanches actuelles. Il crée en 1950 la « soucoupe plongeante (SP-350) » avec l’ingénieur Jean Mollard, un sous-marin deux places qui peut descendre jusqu’à 350 mètres de profondeur. En 1965, les perfectionnements de la machine lui permettent ainsi d’atteindre les abysses sous 500 mètres. Enfin, avec le professeur Lucien Malavard et l’ingénieur Charrier, il développe le principe de la « Turbovoile ». Il s’agit d’un système spécifique de propulsion éolienne, dont il va équiper son bateau tout aussi connu que lui : l’Alcyone.

Lanceur d’alerte

Jacques-Yves Cousteau et ses amis Philippe Tailliez, officier marine et plongeur sous-marin, et Frédéric Dumas, pionnier de la plongée, forment le groupe des « Mousquemers ». Il se met avec eux à arpenter les mers au travers de sa Calypso. Cousteau filme tous les voyages dans cette embarcation. Les productions audiovisuelles ainsi créées mettent en avant les problématiques rencontrées en mer : l’impact de l’homme, la pollution, la surexploitation des ressources marines, la dégradation des côtes… Toute l’écologie marine y passe.

En 1974, il crée « The Cousteau Society », une organisation à but non-lucratif de droit américain ayant pour but l’exploration océanographique et la protection de la faune des mers. En 1981, en France, naît la Fondation Cousteau qui deviendra l’Equipe Cousteau, arpentant encore les mers aujourd’hui. Le commandant est aussi à l’initiative d’une pétition mondiale de 1990 visant à sauver l’Antarctique de l’exploitation minière.

Cousteau devient ainsi un symbole de cette conscience écologique. En 1992, il est l’invité officiel de la conférence des Nations Unies pour l’environnement et le développement à Rio de Janeiro. Ce sont plus de 70 films et de 50 livres qui font sa renommée. Si son action militaire lui avait conféré le rang de chevalier de la légion d’honneur, son implication scientifique l’a promu Officier et Commandeur. Tantôt membre de l’Académie des sciences des Etats-Unis, tantôt directeur du musée océanographique de Monaco, il reçoit le prix international des Nations Unies pour l’environnement en 1977, la médaille de la liberté du président des Etats-Unis en 1985, l’inscription au tableau d’honneur des individus qui se sont distingués pour la protection de l’environnement en 1988 et devient membre de l’Académie française en 1989. Un palmarès hors du commun et international qui ne peut être oublié aujourd’hui.

Même si le commandant a disparu, les questionnements qu’il a émis n’ont jamais été plus actuels. Ils ont une résonance toute particulière dans la situation d’urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons. Pour sûr, il aurait adoré parcourir le cinquième océan découvert l’année dernière, mais aurait-il été satisfait des conclusions tirées lors du « One Ocean Summit » ? 

Source: https://cultea.fr/le-commandant-cousteau-defenseur-moderne-des-oceans.html

Comment le commandant Cousteau a ouvert les portes des océans à l’humanité

« Regarde ! », s’exclama mon fils.

Nous flottions à l’ombre de la jetée de l’île portoricaine de Vieques, abrités du soleil tropical par les lattes en bois suspendues au-dessus de nos têtes, tandis que l’eau recouvrait des piliers érodés. Cet endroit créé par l’humain, où nous nous octroyions une courte pause lors de notre baptême de plongée libre, n’avait aucun attrait hormis sa fraîcheur.

Les yeux écarquillés derrière son masque, Will pointa l’eau du doigt avant de plonger tête la première. J’en fis de même.

Nous venions d’entrer dans un autre monde, à mille lieues de la jetée, structure sans intérêt de bois gondolé et de peinture écaillée. Sous la surface, l’eau grouillait de vie : des coraux orange et jaune enveloppaient les colonnes, des plantes aquatiques luxuriantes ondulaient au gré du courant, des bancs de poissons argentés filaient entre les poteaux. Ce lieu étroit situé sous un quai construit voilà plusieurs décennies pour les navires de guerre américains était aussi fécond qu’une jungle. Mais contrairement à la jungle, nous pouvions flotter dedans et l’examiner sous tous les angles.

Jamais nous n’aurions imaginé évoluer parmi une faune et une flore aussi riches. Et pourtant, Will en redemandait. « C’était trop bien », lança-t-il alors que nous rentrions à l’hôtel à bord du vieux pick-up de nos guides, avant d’ajouter : « J’aimerais essayer la plongée sous-marine ». Il ne voulait pas être obligé de rester à la surface à cause de nos tubas de location. Il rêvait de plonger plus profondément, d’explorer davantage l’océan, de voir ses merveilles par lui-même.

Bien que Jacques-Yves Cousteau ait appris à nager à l’âge de quatre ans, c’est le ciel, et non la mer, qui l’intéressa dans un premier temps. Il entra dans la Marine nationale en 1930 pour devenir pilote, un rêve qui s’envola lorsqu’il échappa de peu à la mort dans un accident de voiture ; il s’en sortit avec les deux bras fracturés. Dans le cadre de sa rééducation, l’officier de la marine Philippe Tailliez lui suggéra de s’adonner à la nage en eau libre. Il lui prêta une paire de lunettes de plongée et l’emmena pêcher au harpon près de Toulon, en mer Méditerranée.

Nager avec ces lunettes fut une révélation. « Dès que j’ai plongé la tête sous l’eau, j’ai eu un choc », raconta-t-il par la suite. Il venait de découvrir « un vaste domaine complètement vierge à explorer ».

« J’ai compris qu’à partir de ce jour, je consacrerai tout mon temps libre à l’exploration sous-marine », confia-t-il.

À terme, il finit par plonger jusqu’à 18 mètres de profondeur, restant en apnée pendant 70 à 80 secondes. Mais ce n’était pas suffisamment profond ni suffisamment long pour le commandant Cousteau. « Je me suis toujours rebellé contre les limites imposées par une seule inspiration », a-t-il écrit en 1952 dans un article pour National Geographic, son premier pour le magazine.

Jacques-Yves Cousteau devait trouver sa propre solution. « Je suis devenu inventeur par nécessité », ironisait-il.

Pour plonger plus profondément, il avait besoin d’un appareil capable de fournir de l’air respirable tout en composant avec la pression de l’eau : plus un plongeur s’enfonce dans l’océan, plus la pression augmente, ce qui réduit le volume de l’air dans le corps et peut provoquer l’affaissement des poumons. Le beau-père du commandant Cousteau le mit en contact avec l’ingénieur Émile Gagnan, spécialiste des conceptions pneumatiques haute pression.

À l’époque, la Seconde Guerre mondiale faisait rage et l’Allemagne contrôlait la majeure partie du territoire français. Émile Gagnan, qui travaillait à Paris pour la principale compagnie de gaz du pays, avait notamment conçu une soupape qui régulait le débit de carburant ; celle-ci permettait aux voitures de fonctionner avec de l’huile de cuisson, une adaptation essentielle en temps de guerre alors que les nazis réquisitionnaient l’essence pour leurs automobiles.

Cousteau se rendit dans la capitale en 1942 afin d’expliquer son problème de pression de l’air à l’ingénieur. Gagnan pensait que son régulateur d’essence pourrait être la solution. Les deux hommes bricolèrent ensemble jusqu’à obtenir quelque chose qu’ils pouvaient tester : un régulateur fixé à deux bouteilles d’air comprimé par des conduits. Le commandant essaya le prototype dans la Marne, à l’est de Paris.

« J’ai respiré normalement à un rythme lent, incliné la tête et plongé doucement jusqu’à neuf mètres de profondeur », confia-t-il.

L’appareil fonctionnait, mais uniquement à l’horizontale. En position verticale, de l’air s’en échappait. Jacques-Yves Cousteau et Émile Gagnan repositionnèrent les conduits d’aspiration et d’évacuation pour les placer au même niveau. Ils finirent par obtenir une version que l’explorateur français était prêt à essayer en mer.

Pendant plusieurs mois au cours de l’année 1943, Cousteau, Tailliez et leur ami Frédéric Dumas testèrent avec prudence l’appareil baptisé Aqua-Lung. Ils réalisèrent plus de 500 plongées en mer Méditerranée, allant de plus en plus profondément à chaque fois. La barre des 40 mètres de profondeur fut atteinte au début de l’automne, avant que Dumas ne plonge à 67 mètres en octobre.

« Le meilleur moyen d’observer un poisson est de devenir un poisson », écrit Jacques-Yves Cousteau dans son premier article pour National Geographic. « Et le meilleur moyen de devenir un poisson, ou un fac-similé raisonnable de celui-ci, est d’enfiler un appareil respiratoire sous-marin appelé l’Aqua-Lung. L’Aqua-Lung offre à l’Homme la possibilité de sonder, sans se presser et sans danger, les profondeurs de l’océan ».

Près de 80 ans après l’invention de l’appareil, le même concept de base est encore utilisé. « C’est aussi simple et élégant qu’un bouton de porte », décrit David Doubilet, photographe sous-marin National Geographic de longue date. « C’est d’une fiabilité ! En 65 ans de plongée, je n’ai jamais rencontré de souci ».

La possibilité de sonder les profondeurs exposait toutefois les plongeurs à d’autres dangers. L’Aqua-Lung facilitait la respiration en équilibrant la pression ambiante et interne, mais il ne pouvait pas prévenir la narcose à l’azote, ou « l’ivresse des profondeurs » comme l’appelaient les premiers plongeurs, un phénomène qui survient lorsque des bulles d’azote se forment dans le système sanguin au cours de la descente du plongeur. Le commandant Cousteau l’a décrit comme « une impression d’euphorie, une perte progressive du contrôle des réflexes, une perte de l’instinct de survie ». « L’air prend un drôle de goût et vous vous enivrez de votre propre respiration », disait Albert Falco, qui a navigué avec Cousteau pendant près de 40 ans.

La narcose à l’azote peut s’avérer mortelle. Après la guerre, Jacques-Yves Cousteau, qui faisait partie du groupe de recherche sous-marine de la Marine, organisa en 1947 des tests de plongée autonome à Toulon. Il voulait montrer que l’Aqua-Lung pouvait permettre aux plongeurs d’aller à plus de 100 mètres de profondeur. Mais la personne qui effectua la première tentative, le second capitaine Maurice Fargues, trouva la mort après avoir perdu connaissance à 120 mètres. L’équipage le ramena désespérément à la surface, mais ne parvint pas à le réanimer.

« Je commence à me demander si ce que je fais a du sens », déclara, bouleversé, le commandant Cousteau.

Aux yeux de la Marine, cela en avait. Elle déploya le groupe de recherche sous-marine pour effacer les séquelles de la Seconde guerre mondiale en mer Méditerranée. Les plongeurs de la Marine procédèrent à des opérations de déminage à proximité de ports fréquentés. Ils récupérèrent les corps des pilotes d’avions abattus. Ils observèrent la destruction du monde sous-marin infligée par une guerre qui n’avait pas épargné les côtes méditerranéennes.

« J’ai enfilé le scaphandre et je me suis retrouvé au fond de la piscine », se souvient David Doubilet, qui a photographié la mer des Sargasses, la grande barrière de corail et presque chaque recoin de l’océan pour plus de 70 reportages National Geographic. « J’étais cloué sur le fond, mais je respirais et c’était divin ».

« Le régulateur Aqua-Lung était un passeport qui nous donnait accès à 70 % de notre planète », poursuit le photographe. « Le commandant Cousteau est une personne dont le rôle essentiel pour la planète ne pourra jamais être oublié ni sous-estimé ».

Le photographe Laurent Ballesta, qui a passé son enfance à nager et faire de la plongée libre et sous-marine sur les côtes françaises de la mer Méditerranée, a également été influencé par le commandant Cousteau. Lorsqu’il avait 16 ans, lui et ses amis se trouvaient sur un bateau lorsqu’ils furent encerclés par des requins. Fan inconditionnel des documentaires de l’explorateur, Laurent Ballesta a réalisé qu’il s’agissait de requins-pèlerins, une espèce inoffensive, et a sauté dans l’eau pour nager avec eux.

Quand il raconta ce qu’il s’était passé à ses parents en rentrant à la maison, ces derniers ne le crurent pas. « C’est à ce moment que j’ai décidé d’apprendre la photographie ».

Laurent Ballesta a depuis découvert une nouvelle espèce de poisson baptisée le gobie d’Andromède, et a été le premier à photographier sous l’eau le cœlacanthe, un poisson préhistorique. Il a récemment relaté pour National Geographic comment, avec son équipe, il avait passé 28 jours dans une capsule pressurisée, qui leur a permis de plonger pendant des heures dans les profondeurs de la mer Méditerranée.

Jacques-Yves Cousteau a continué de jouer un rôle actif dans l’exploration sous-marine jusqu’à sa mort en 1997, à l’âge de 87 ans. « Mon travail consistait à montrer ce qu’abritait la mer, à en montrer la beauté, pour que les gens apprennent à la connaître et à l’aimer », a écrit l’explorateur.

Malgré ses contributions novatrices et son influence sur la scène internationale, ce monde est encore largement méconnu. Selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, plus de 80 % des océans de notre planète restent inexplorés.

Depuis l’invention de l’Aqua-Lung par Jacques-Yves Cousteau et Émile Gagnan il y a 78 ans, plus de 28 millions d’individus ont suivi l’explorateur dans les océans et se sont initiés à la plongée sous-marine.

Au printemps prochain, mon fils et moi viendrons nous ajouter à cette liste. Pour son 17e anniversaire, Will veut un passeport vers un autre monde.

Source: https://www.nationalgeographic.fr/environnement/comment-le-commandant-cousteau-a-ouvert-les-portes-des-oceans-a-lhumanite#:~:text=Apr%C3%A8s%20la%20guerre%2C%20Jacques%2DYves,de%20100%20m%C3%A8tres%20de%20profondeur.

Soir d’hiver

Émile Nelligan – Soir d’hiver (1898)

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j’ai, que j’ai!

Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire: Où vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
A tout l’ennui que j’ai, que j’ai!…

Source:

http://www.feelingsurfer.net/garp/poesie/Nelligan.SoirDHiver.html

Vidéos:

S’il neige, c’est l’hiver

 

Isabelle Boulay – Chanson pour les mois d’hiver

Paroles:

Chanson pour les mois d’hiver
Chanson pour rêver, chanson douce-amère
En plein coeur de décembre
Il tombe des étoiles de neige
L’automne est déjà loin derrière
La forêt enneigée calme les colères
Il y a ce silence qui hante
Les montagne et la plaine

Rallume le feu, réchauffe moi, tant que tu peux
Chante-moi un air
Ta chanson pour les mois d’hiver
Celle qui dans tes yeux, éclaire ton âme comme le feu
Moi j’éteins la lumière
Y’a plus que nous deux sur la terre

Ici, il n’y a pas de misère
Il n’y a que la vie, l’amour et l’hiver
Et puis on est ensemble, si tendre
Le coeur grand ouvert
Je ne pense plus à la mer
Emmitoufflée dans tes yeux, dans l’univers
J’ne veux plus redescendre la pente
J’veux rester dans l’hiver

Rallume le feu, réchauffe moi, tant que tu peux
Chante-moi un air
Ta chanson pour les mois d’hiver
Celle qui dans tes yeux, éclaire ton âme comme le feu
Moi j’éteins la lumière
Y’a plus que nous deux sur la terre

Et loin de nous les inquiétudes du temps
Ici, y’a que toi et moi et le vent
Je regarde nos pas dans la neige et je ressens
Nos coeurs battants
Sur tapis blanc

Rallume le feu, réchauffe moi, tant que tu peux
Chante-moi un air
Ta chanson pour les mois d’hiver
Celle qui dans tes yeux, éclaire ton âme comme le feu
Moi j’éteins la lumière
Y’a plus que nous deux sur la terre

Claude Léveillé – L’hiver

Paroles:

Ah! que les temps s’abrègent
Viennent les vents et les neiges
Vienne l’hiver en manteau de froid
Vienne l’envers des étés du roi
Même le roi n’aura point oreille
À maison vieille où déjà ta voix

File un air de chanson d’amour
Au rouet des jours
Qui tourne à l’envers
Dans le feu tout le bois passé
Qui s’est entassé
Au temps de nous deux
Au jardin des vieux livres
Fleur de gel et de givre
Et par les nuits de haute rafale
À la maison comme à ton traineau
J’attellerai comme une cavale
La poudrerie et très haut

Par-dessus les lacs, les bois, les mers, les champs, les villes,
Plus haut que les plus hauts jeux du soleil qui dort immobile
Nous irons par les chemins secrets de l’univers
Pour y vivre le pays qui nous appelle à ciel ouvert
Hors du temps, au gré de l’espace
Fiers de nos corps plus beaux
Éternels comme froids et glaces
Seuls comme des oiseaux
Vienne la blanche semaine
Ah! que les temps ramènent
L’hiver!

Ariane Moffatt – Hiver Mile-End

Paroles:

dans toutes les vitrines
je vois le même objet
un cœur en plasticine
qui bat comme un vrai

l’aurore met en scène
un hiver sans papier
on gèle dans le Mile-End
mais on gèle en beauté

je te bâtis une chanson
en guise de maison
c’est ma déclaration

mon souffle est un dessin
un dessin de pensées
je pense à tes mains
j’rêve de les réchauffer

je me sens écrivaine
depuis que j’t’ai rencontré
ton histoire est la mienne
Montréal pourra témoigner

je te bâtis une chanson
en guise de maison
c’est ma déclaration

Félix Leclerc – Les soirs d’hiver

 

Paroles:

Les soirs d’hiver, ma mère chantait
Pour chanter le diable qui rôdait;
C’est à mon tour d’en faire autant
Quand sur mon toit coule le vent.

Parler de près,
d’amour,
d’enfant,
De soleil d’or
sur les étangs,
C’est son langage que je copie
fidèlement :
Poulette grise,
Noël,
Fanfan;
Le roi Henri,
Sylvie,
Isaban;
Sous chaque note, un peu de sang,
«J’en suis l’auteur», m’a dit Satan.
«Quand elle chantait, ta mère pleurait
Parce qu’on tuait le canard blanc,
Brisait l’écorce, prenait le fruit,
Se joue ainsi…»

Les soirs d’hiver, ma mère chantait
Pour chasser le diable qui rôdait;
C’est à mon tour d’en faire autant
Quand sur mon toit coule le vent.

Clarika – Les patineurs

Paroles:

De courbe en arabesque
On y arrive presque
Tête-à-tête pas de deux
Pirouette tête-à-queue

Un et deux et pas chassé
Tête en l’air petit glissé
On se jette on se lance
On rentre dans la danse

A quoi rêvent les patineurs
Qui tracent des lignes
Des lignes et des coeurs
Roulez patins
Que s’embrassent le feu
Et la glace
A quoi rêvent les patineurs
Qui tracent des lignes
Des lignes et des coeurs
Roulez patins
Que s’embrassent le feu
Et la glace

Triple saut double vrille
Tout est beau tout scintille
L’âme en fête
Sous la boule à facettes

De courbe en arabesque
On y arrive presque
On se jette on se lance
On prend de la distance

A quoi rêvent les patineurs
Qui tracent des lignes
Des lignes et des coeurs
Roulez patins
Que s’embrassent le feu
Et la glace
A quoi rêvent les patineurs
Qui tracent des lignes
Des lignes et des coeurs
Roulez patins
Que s’embrassent le feu
Et la glace

Que s’embrassent le feu
Et la glace

Des Bonnes Résolutions pour la Nouvelle Année 2022?

5 bonnes résolutions pour la nouvelle année

2022 arrive, la nouvelle année débarque forcément avec son lot de bonnes résolutions : et si cette année tu prenais 5 décisions simples mais puissantes pour vivre une année au top et changer (un peu) ta vie ? Ce sont vraiment des conseils qu’on aurait aimé qu’on nous donne, avant de devoir les découvrir par nous-même.

BONNE RÉSOLUTION POUR LA NOUVELLE ANNÉE N°1 : SOIS POSITIF, OPTIMISTE ET BIENVEILLANT 😉

Il y a deux types de personnes dans la vie.

J’en parle déjà un peu dans cet article « comment réussir sa vie ? » : ceux qui voient toujours le verre à moitié vide, et ceux qui préfèrent le voir à moitié plein. À ton avis, qui est le plus sympa à vivre et à côtoyer au quotidien ? 😉

Évidemment, l’idée n’est pas de t’inciter à un optimisme niais !

Oui, la vie n’est toujours pas facile, et il est normal que des difficultés t’arrivent. Mais c’est justement dans ce type de situation difficile qu’il faut être optimiste pour passer les obstacles et trouver des solutions ! Si tu es pessimiste, tu acceptes de rendre les armes.

Bref. Devenir optimiste aura un impact profond sur ton quotidien !

1. Tu transformeras naturellement les problèmes en opportunités, tu deviendras adaptable et flexible.
2. Tu désamorceras les problèmes et les conflits, souvent avant même qu’ils n’arrivent.
3. Tu rendras ton entourage heureux et toi aussi tu profiteras bien plus de tes journées !

Forcément être optimiste sous-tend d’être positif et bienveillant, pas besoin de te faire un dessin ! C’est déjà une très bonne résolution pour la nouvelle année qui vient !

NOUVELLE ANNÉE = BONNE RÉSOLUTION N°2 -> SOIS CURIEUX ET APPRENDS DE TES ERREURS

Tu vas faire des erreurs 🙃

Bien sûr, être optimiste ne veut pas dire que tout ira toujours parfaitement. C’est normal ! Plus le temps avance, moins tes parents vont te couver, plus tu vas essayer des choses par toi-même, plus tu vas faire des erreurs, plus tu vas rencontrer des problèmes.

Et c’est une très bonne chose !

La curiosité permet la découverte du monde. Elle sous-tend ensuite que tu essaies des choses. Et forcément, parfois ça marchera, et parfois tu te tromperas.

Faire des erreurs fait partie de tout processus d’apprentissage et c’est très positif, car cela signifie que tu prends des risques pour devenir meilleur(e).

Mais ce qui est formidable, c’est que ce sera tes problèmes. Tu y trouveras tes solutions. Et donc tu avanceras par toi-même ! En revanche, ce qui n’est pas acceptable, c’est de ne pas apprendre de tes erreurs. Refaire plusieurs fois la même bêtise est donc un vrai problème. À toi de t’en souvenir !

La curiosité te permettra de t’ouvrir au monde

Être curieux, cela veut dire essayer de comprendre le monde, c’est s’intéresser aux choses et aux gens, c’est aimer apprendre. Surtout, ouvre-toi aux autres ! Tu verras, ils vont te surprendre ! Et si tu es sympa, cela sera d’autant plus facile !

Si tu aimes apprendre, tu progresseras perpétuellement, tu feras de belles rencontres, et tu t’émerveilleras tous les jours de ce qui t’entoure.

N°3 DES BONNES RÉSOLUTIONS DU NOUVEL AN : POSE-TOI DES QUESTIONS ET RESTE HUMBLE

Bonne résolution nouvelle année : Vois la vie comme une aventure (car c’est le cas)

Chez Les Sherpas, on a une certitude : dans la vie, on n’est jamais arrivé.

Il reste toujours de nouvelles choses à apprendre, et c’est justement quand on commence à constater son ignorance qu’on passe un premier palier de maturité. Cela ne veut pas dire que tu ne sais rien, la formulation de Socrate, avec le fameux « je sais que je ne sais rien », est peut-être un peu extrême.

Socrate t’invite surtout à te poser des questions, à ne jamais rien considérer comme acquis et à rester humble. Tu es sans aucun doute intelligent(e), mais même les génies n’ont pas la science infuse ! Nos connaissances ont donc toutes des limites. Le sens premier du message de Socrate, c’est de te dire que tu auras toujours de nouvelles choses à apprendre, et donc que tu dois rester curieux et ouvert sur le monde !

Le message de Socrate veut aussi dire une seconde chose, d’autant plus vraie maintenant que même les connaissances les plus pointues sont partout accessibles d’un simple clic : la vraie intelligence, c’est ta capacité d’adaptation, ta capacité à apprendre et à t’ajuster en toute situation.

C’est certainement un sens un peu plus profond et moins évident ! (Et au passage, tu vois qu’on peut utiliser Socrate et la Philo dans la vie de tous les jours !)

BONNE RÉSOLUTION NOUVELLE ANNÉE N°4 : TRAVAILLE AVEC MÉTHODE

La méthode est le nerf de la guerre !

Conséquence scolaire (ou professionnelle) des 3 résolutions précédentes : dès qu’il s’agit de travail, avance avec méthode. Pour avoir été dans tes baskets (et être encore étudiant), je peux t’assurer que la méthode est le nerf de la guerre, que tu sois au Lycée ou dans le Supérieur !

À potentiel semblable et à temps de travail identique, c’est ton organisation et la façon dont tu travailles qui feront la différence.

Dès maintenant, efforce-toi de comprendre ce qui marche pour toi, cherche à gagner du temps et à travailler plus intelligemment que les autres.

Il y a toujours des astuces à trouver, des techniques à forger pour faire les choses mieux et plus vite.

Avec cette bonne résolution de nouvelle année, tu gagneras du temps

Tu pourras l’utiliser pour te détendre, pour apprendre de nouvelles choses et pour passer du temps avec les gens que tu aimes. C’est super important !

Tu pourras surtout le réinvestir pour construire ton avenir.
Ce sera la parfaite occasion pour te perfectionner, approfondir tes passions, ou faire encore plus de progrès dans ce que tu fais en ce moment. Tu mettras toutes tes chances pour par exemple avoir un bon dossier scolaire, tu t’aideras aussi à vaincre ta flemme car tu seras naturellement embarqué(e) dans ton travail, et donc tu prépareras sereinement la suite, qu’elle soit scolaire, professionnelle ou personnelle.

BONNE RÉSOLUTION POUR LA NOUVELLE ANNÉE N°5 : SOIS LE CHANGEMENT QUE TU VEUX VOIR DANS LE MONDE, ET ACCROCHE-TOI

C’est finalement la somme des précédentes résolutions, et ce n’est pas du tout aussi difficile que cela en a l’air ! N’oublie pas que tout est possible : rêve grand et donne-toi les moyens de tes rêves et de tes ambitions. Tu es jeune, le monde s’ouvre à toi, profites-en !

Tu as envie de voyager et tu as le temps avec tes études ? Prépare ton sac à dos ? Tu veux lancer ton Business ? Commence à petite échelle, mais lance-toi, et dans tous les cas montre l’exemple ! Tu n’imagines pas le nombre de personnes à qui tu donneras envie de te suivre rien qu’en n’osant te lancer ! 

Ensuite, c’est vrai que Paris ne s’est pas fait en un jour : construire une vie qui te ressemble prendra du temps, et comme dit plus haut, tu ne seras jamais vraiment arrivé(e).

Il y aura seulement deux choses difficiles si tu veux maintenir ton cap : te lancer d’abord, on vient de le dire, puis ensuite persévérer. Et c’est ça le plus dur. 

C’est ta volonté qui fera toujours la différence. Ce sera bien plus facile si tu choisis de faire ce que tu aimes, quand tu sauras ce que tu aimes ! (Et si tu as la chance de déjà savoir, c’est top, profites-en pour prendre de l’avance 😉).

Oui ton parcours ne sera jamais facile, mais crois-nous, oser vivre la vie qui te ressemble vaut plus que le coup ! 

Voilà, c’est la fin ! On espère que ces 5 bonnes résolutions pour la nouvelle année vont te donner des pistes de réflexion pour la suite… et que tu arriveras à t’y tenir.  Bonne chance pour l’année qui arrive… et toutes les prochaines !

Source: https://sherpas.com/blog/bonnes-resolutions-nouvelle-annee

Quelles Bonnes Résolutions pour la Nouvelle Année – 10 Résolutions à Prendre pour Etre plus Heureux

La nouvelle année commençant, il est grand temps de faire une liste de bonnes résolutions. Tout Pratique vous souhaite une bonne année, mais pour que celle-ci corresponde à vos attendes nous vous engageons à noter vos objectifs puis, plus tard, à faire en sorte de les réaliser.

10 résolutions à prendre pour la nouvelle année

Bonne résolution 1 : s’occuper mieux de sa santé

Vous avez mal aux dents, au dos, vous êtes trop souvent fatigué ?

Prenez rendez-vous chez le dentiste et chez le médecin pour un check-up.

Ce bilan de santé devrait s’effectuer chaque année si on a dépassé la quarantaine et tous les 2 ans si on est plus jeune.

Bonne résolution 2 : Perdre du poids

Après les fêtes et la galette des rois, si la balance accuse 2 à 3 kg en plus, ne restez pas ainsi. Janvier c’est le moment idéal, si l’on est en surpoids, pour perdre du poids.

Pendant une semaine ou deux adoptez un régime allégé accompagné d’une tisane détox.

Bonne résolution 3 – Mettre un coup de frein sur le tabac, l’alcool et le café.

Le tabac, l’alcool et le café vous donne l’impression d’être plus réveillé, plus joyeux mais à haute dose ces substances sont nocives et ne procurent que du stress.

Bonne résolution 4 – Faire des économies

Vos fins de mois sont difficiles ?

Comme beaucoup d’autres en France, vous avez du mal à ne pas dépenser plus qu’il ne faut ?

Pourtant il est possible de faire des économies et alléger le montant de vos factures d’électricité, de chauffage, d’eau sans vraiment se priver.

Bonne résolution 5 – Faire en sorte d’avoir une meilleure entente familiale

Le secret d’un climat familial apaisé c’est d’avoir du temps à consacrer à ses enfants ou à ses parents pour dialoguer avec chacun d’entre eux, seul à seul dans un esprit de bienveillance.

Et parlez-leur dans une atmosphère détendue en cherchant à résoudre les conflits pour cela, concentrez-vous sur les solutions et non sur les reproches.

Bonne résolution 6 – Ne plus se laisser déborder par les tâches ménagères.

Il y a des choses plus passionnantes que le rangement ou le nettoyage de la maison à faire dans la vie et avec une bonne organisation, vivre dans une maison en ordre, tout en pouvant se dégager un maximum de temps pour soi, c’est possible.

Il suffit d’élaborer un plan d’action puis de le réaliser.

Bonne résolution 7 – Se débarrasser de ce qui est inutile

Ce peut être un objet.

Un objet inutile c’est un meuble, un bibelot ou un vêtement qui ne vous plait plus, dont on ne se sert jamais et qui prend donc trop de place.

L’expérience l’a souvent démontrée, c’est difficile de se sentir apaisé, heureux dans un intérieur encombré de meubles et de bibelots.

Ayez le courage de jeter ou de donner ce qui encombrent votre maison.

Ce peut être quelqu’un qui se dit votre ami.

Un ami inutile, c’est quelqu’un qui dit avoir de l’amitié pour vous mais qui ne cesse de vous critiquer et de vous rabaisser et avec lequel on se sent mal.

Ces personnes-là nous gâchent la vie.

Ce sont des personnes toxiques qui nous blessent et nous font du mal.

Ayez le courage de vous séparer des relations négatives qui vous empêchent de respirer et d’être heureux. 

Vivez léger, vivez libre sans vous encombrer de ceux qui se disent votre ami et dont l’attitude démontre le contraire.

faire une liste de bonnes résolutions

Bonne résolution 8 – S’offrir un peu de plaisir

Pour supporter les difficultés de la vie, il faut au moins chaque jour pendant même quelques minutes prendre un peu de plaisir.

Ce peut être échanger quelques mots gentils avec quelqu’un qu’on aime, manger un gâteau qui nous fait envie, voir une belle exposition, entrer dans un magasin pour tester ou acheter du maquillage ou de l’outillage, faire du foot avec des copains ou diner un soir en tête à tête avec son chéri.

Chaque matin, trouvez ce qui pourrait vous faire le plus plaisir et prenez le temps de le vivre et d’en profiter.

Résolution 9 – Vive la nouveauté

A faire tous les jours la même chose, à prendre tout le temps le même chemin, à effectuer le même travail aux mêmes heures on finit par s’en fatiguer et petit à petit la déprime nous gagne.

Sortez de votre train-train, testez la trottinette, la course à pieds, l’escalade, voyagez, goutez à des plats différents et développez vos compétences en demandant à votre entreprise à suivre une formation, en vue pourquoi pas d’un job plus intéressant.

Résolution 10 – Sortez de chez vous !

Oubliez la télé, l’ordinateur et sortez de chez vous ! Seul ou à deux, ne vous repliez pas sur vous-même, allez à la rencontre des autres, inscrivez-vous dans un cours de cuisine, de théâtre, à un club de sport, à une association qui aident ceux qui sont en difficulté.

Faites-vous des amis et de bons amis.

C’est souvent grâce aux amis que nous pouvons affronter plus facilement les difficultés de la vie.

Source: https://www.toutpratique.com/252-bien-etre-naturel/6351-quelles-bonnes-resolutions-pour-la-nouvelle-annee-10-resolutions-a-prendre-pour-etre-plus-heureux.php

Les 10 résolutions les plus faciles à tenir

Le Nouvel An représente pour plusieurs personnes un moment pour repartir sur de bonnes bases et adopter de nouvelles habitudes de vie. En effet, la nouvelle année semble être le temps idéal pour prendre des résolutions et intégrer de nouvelles choses. Mais à quoi bon prendre des résolutions si on ne les tiendra pas? La plupart des gens ont de la misère à tenir leurs résolutions plus d’une semaine, seulement les plus investis persistent à les garder pendant un mois ou deux. Mais pourquoi les abandonnons-nous si rapidement? Sommes-nous tous des lâcheurs? Pas du tout.

Le problème est que la majorité des gens prennent des résolutions trop générales ou trop peu personnelles comme « manger mieux », « faire de l’exercice » ou bien « profiter davantage de la vie ». Il est difficile d’atteindre des objectifs lorsque ceux-ci ne sont pas précis et ne reflètent pas nos besoins intrinsèques. Le secret pour tenir ses résolutions est de se fixer des buts simples, clairs, réalistes et qui nous procurent de la joie. Si vous prenez une résolution qui ne vous tient pas vraiment à coeur, ça ne fonctionnera pas. 

Incapable de tenir vos résolutions? C’est parce que vous ne prenez peut-être pas les bonnes. Voici les 10 résolutions faciles à tenir.

Cuisiner plus… et reprendre contact avec une alimentation saine et variée!

Une résolution prise par de nombreuses personnes chaque année : améliorer son alimentation. On le sait : plusieurs souhaitent également perdre du poids. Ce n’est pas surprenant, compte tenu de tous les repas et desserts de Noël qui peuvent titiller notre relation à notre image corporelle. Non, il n’existe pas de solution miracle ou de pilule magique pour perdre du poids. De plus, nous ne sommes pas égaux devant les régimes, sans même aborder le fait que cela peut-être très confrontant pour beaucoup de personnes de, chaque mois de Janvier, lire des articles qui invitent activement à perdre du poids. Ouf, la grossophobie n’est malheureusement pas éradiquée. Plutôt que de vous imposer un régime, on vous suggère de vous reconnecter à votre alimentation, de cuisiner plus, d’oser tester de nouvelles recettes, de nouvelles saveurs et d’intégrer une variété d’aliments à vos repas. C’est une résolution faisable et axée sur la sensorialité… Fun!

Envie de manger une bonne pizza? En 2022, c’est terminé la culpabilité! Mais au lieu de la commander dans un resto, amusez-vous à la faire vous-même une journée où votre horaire le permet! C’est l’occasion de consommer plus d’aliments frais et de redécouvrir le plaisir de créer son propre festin. 

Se lever du divan

J’attire votre attention sur le titre de cette résolution facile : se lever du divan. La résolution à prendre ici n’est pas de « aller au gym 5 fois par semaine », « avoir des abdominaux » ou bien « courir un marathon ». Non il ne s’agit pas d’une résolution irréaliste vouée à l’échec. Non, il ne s’agit pas de se fixer des objectifs inatteignables pour ensuite sombrer dans l’amertume à l’idée de ne pas les avoir atteints. Non, il ne s’agit pas de s’imposer quelque chose qu’on déteste pour finalement être plus déprimé que fier de soi.

La résolution ici, c’est tout simplement d’être moins sédentaire, même un tout petit peu. Chaque mouvement compte! Bref, c’est de bouger un peu plus, c’est de pratiquer une activité qu’on aime vraiment, c’est d’aller prendre plus de petites marches pour se faire du bien au mental et couper des écrans. C’est aussi de se fixer des objectifs réalistes tels que « courir un 2 ou 3 kilomètres » si on débute, « monter jusqu’au sommet d’une montagne » et se planifier une belle randonnée ou bien « promener le chien une heure chaque jour ». Pour tenir ses résolutions, il faut que nos buts restent simples, faisables… et pourquoi pas aussi amusants! D’ailleurs, avec un(e) ami(e), c’est souvent mieux!

À lire aussi : L’avis d’une psy : les résolutions de début d’année, une bonne idée?

Interagir réellement plutôt que virtuellement

Les technologies peuvent nous faciliter la vie comme elles peuvent parfois nous exacerber. La contradiction de notre époque est que nous sommes plus « connectés » que jamais, mais la plupart du temps nous sommes connectés virtuellement, et peut-être pas de façon aussi authentique qu’on le voudrait.

Le ton de voix, les gestes, l’attitude et la chaleur humaine d’un interlocuteur, ça vous manque? Interagissez réellement plutôt que virtuellement : on socialise ailleurs que sur les réseaux sociaux, on appelle les gens au lieu de leurs envoyer des textos, on va voir nos amis et notre famille plutôt que de regarder leur page Instagram pour prendre de leurs nouvelles et on ferme notre cellulaire lorsqu’on mange pour des repas plus conviviaux! Ouvrez votre agenda et planifiez donc quelques 5 à 7 avec les personnes dont vous appréciez la compagnie!

Se faire chaque jour (ou presque) une « to-do list »

Oui, mieux s’organiser, c’est le travail de toute une vie… Et c’est correct! Se faire des to-do lists c’est efficace parce que ça nous rend plus efficace! Ça ne prend que quelques minutes à rédiger et hop, voilà que notre vie est beaucoup plus organisée. En prime, on a un petit sentiment d’accomplissement à chaque fin de journée. Yé!

Le truc pour respecter sa liste quotidienne est, comme pour les résolutions faciles de la nouvelle année, de rester réaliste et conséquent. La liste ne doit pas être trop longue ni comporter des points illusoires comme « apprendre la propreté au chien d’ici la fin de la journée » ou bien « repeindre la maison au complet ». Vous devez inscrire des tâches qui s’accomplissent à l’intérieur du temps que vous avez, sous peine de vous décourager et de retourner à votre mauvaise habitude de tout remettre à demain. Vous pouvez même vous faire deux to-do lists au besoin : une pour votre vie personnelle et une autre pour le travail. 

Faire la paix 

Avec qui avez-vous envie de faire la paix? Cette année, on pardonne ou on s’excuse auprès des personnes avec lesquelles on est en froid et qui nous manquent. La vie est trop courte pour rester en colère avec vos proches. Faites le dès maintenant, c’est une excellente façon de commencer l’année sur une note positive. En plus, ça libère tellement! Assumez les erreurs que vous avez commises et admettez que les autres peuvent eux-aussi parfois en commettre. Excusez-vous avec sincérité pour ce que vous avez fait et pardonnez ceux et celles qui vous ont fait du mal. Bien évidemment, si vous avez quitté des situations toxiques voire dangereuses, cette suggestion ne s’applique pas.

Vaincre une peur… ou deux!

Que ce soit l’échec, l’amour ou les araignées, nous avons tous une peur qui nous hante et qui parfois, nous empêche d’aller vers l’avant. Par exemple, quelqu’un qui aspire depuis toujours se lancer en affaires peut littéralement passer à côté de son rêve de peur d’échouer. Quelqu’un qui recherche l’amour peut volontairement s’empêcher de s’engager dans une relation amoureuse de crainte d’être un jour blessé. Quelqu’un qui a peur de prendre l’avion peut se priver toute sa vie de voyager!

Cette année, on prend notre courage en main, on prend une bonne respiration et on brave les obstacles qui nous rebutent. Laissez-moi vous poser cette question clichée : si vous deviez mourir maintenant, auriez-vous accompli tout ce que vous vouliez? Si la réponse est non parce qu’une peur vous empêche de vous épanouir, cette année est l’année pour enrayer cette crainte.

Mieux gérer son portefeuille

L’argent était-il une source de stress importante pour vous l’année passée? Probablement beaucoup d’entre vous répondront par l’affirmative. C’est le moment d’économiser. Mais économiser, ce n’est pas seulement mettre de l’argent de côté, c’est aussi éviter les dépenses inutiles et les achats impulsifs. Le secret est de se contrôler et de se questionner avant chaque achat, aussi banal qu’il soit. « Bien qu’il était en spécial à 10$, vais-je vraiment porter ce pantalon rose métallique? » (qui est probablement la raison pourquoi il n’était que 10$), « Il est 2h30 du matin. Ce 6e pichet de bière est-il vraiment nécessaire? », « Est-ce raisonnable d’acheter trois boîtes de biscuits seulement parce que la troisième revient à moitié-prix? » Ces questions vous feront sauver plus d’argent que vous ne le pensez.

Apprendre quelque chose de nouveau

Que vous soyez aux études ou non, on ne devrait jamais arrêter d’apprendre. Il y a tant de choses à découvrir à portée de main. Aujourd’hui, avec Internet, les musées, les cours offerts ainsi que toute la documentation disponible, il ne suffit que d’un peu de volonté pour accéder au savoir et apprendre ce que l’on veut!

Allez-y selon vos intérêts et optez pour quelque chose qui vous stimule; vous avez toujours voulu apprendre une nouvelle langue? Vous aimeriez suivre des cours de salsa, de karaté, de peinture ou d’histoire ancienne? Pas besoin d’être nécessairement talentueux dans l’activité que vous choisirez. Justement, vous êtes là pour apprendre et développer de nouvelles compétences. Que vous preniez un cours ou que vous lisiez un livre, vous constaterez rapidement qu’apprendre quelque chose de nouveau est définitivement l’une des résolutions les plus motivantes et faciles à tenir!

Retourner en enfance et s’amuser plus

Eh bien voilà une résolution facile, n’est-ce pas? Une résolution n’a pas besoin de ressembler à un défi insurmontable, au contraire! Retourner en enfance, c’est ramener la simplicité dans son quotidien, c’est de ne pas toujours se prendre au sérieux, c’est de prendre la vie avec un grain de sel. Si cette description vous paraît vague, retourner en enfance c’est aussi faire des folies : danser sous la pluie, faire des batailles de boules de neige, manger des bonbons à en avoir mal au ventre… Bref, c’est décrocher de la réalité et être tout simplement heureux.

Profitez au maximum de ces moments précieux. Ils sont justes pour vous. Je me répète, mais profitez du moment présent! Ah oui, j’oubliais. Faire des folies, c’est aussi une excellente façon de réduire le stress. Essayez-le dont, juste pour voir!

Osez!

Sortez de votre coquille et osez! Osez une nouvelle tendance mode audacieuse qui vous plaît ; couleurs vives, chapeaux extravagants, coupe de cheveux audacieuse… et faites-le avec confiance! Osez demander le numéro de téléphone à la personne qui vous intéresse, vous pourriez être surpris de la tournure des événements. Osez pleurer si vous avez de la peine, ça fait du bien d’extérioriser ses émotions! Osez changer de travail si vous n’aimez pas le vôtre, votre bon salaire ne devrait pas vous retenir d’être heureux. Osez envoyer un deuxième texto de suite à la personne qui ne vous répond pas; vous ne méritez pas d’être ignoré!

Bref, cette année on s’affirme, on se fait confiance et on agit pour apporter plus de joie au quotidien. On n’a qu’une seule vie à vivre et c’est maintenant que ça se joue!

Source: https://www.noovomoi.ca/vivre/bien-etre/article.resolutions-faciles.1.1422746.html

10 bonnes résolutions pour bien démarrer 2022

2021 touche à sa fin, il est grand temps de célébrer l’année écoulée, d’en faire le bilan et de se préparer à 2022. Voyages, projets personnels et professionnels… profitons du mois de janvier pour dresser la liste de nos souhaits et bonnes résolutions pour attaquer 2022 du bon pied. Voici 10 idées pour faire de cette année votre année !

1. Faire des projets

Rien de plus motivant que d’avoir des objectifs et des rêves à réaliser pour passer une bonne année. Ces projets peuvent être très personnels ou bien professionnels. Organiser un voyage, voir sa famille, apprendre une nouvelle langue… On ne laisse pas les jours filer pour finalement se rendre compte que l’année est passée bien trop vite, sans qu’on ait pu profiter. La transition d’une année à l’autre est le moment idéal pour prendre de bonnes résolutions et imaginer de beaux projets.
Le vision board est un excellent outil – tendance et ludique – pour réfléchir et garder ses projets en tête tout au long de l’année.

2. Célébrer les moments importants

En famille, entre amis, entre collègues ou en solitaire, on prend le temps de reconnaitre les moments importants de l’année. Un anniversaire dans la famille, une galette des rois entre amis, un after work pour marquer la fin d’un projet au travail, une pâtisserie de notre boutique préférée pour se féliciter d’avoir repeint cette chambre qui attendait depuis des mois… toutes les occasions sont bonnes pour mettre un peu de fête dans notre quotidien !

3. Prendre soin de soi

Chaque année nous prenons la bonne résolution de prendre soin de nous. Mais voilà, après quelques semaines, plus rien ne tient ! On n’a pas le temps, on est trop bien dans notre canapé à consulter toutes sortes d’applications sur notre Smartphone… Bien souvent, nos objectifs sont un peu trop ambitieux et chamboulent un peu trop nos habitudes. Pour mettre toutes les chances de notre côté et nous tenir à ces bonnes résolutions, mieux vaut choisir maximum 3 activités et les pratiquer de manière modérée ou progressive.

Si l’on souhaite dormir plus, on peut simplement se coucher 20 min plus tôt tous les jours. On peut commencer la pratique d’un sport qui nous plait 1 fois par semaine. Pas la peine de s’inscrire à tous les cours du planning de sa salle de sport, on sait bien que cela ne tiendra pas sur le long terme ! Prendre soin de soi peut simplement vouloir dire prendre du temps pour soi : voir une exposition, lire un bon livre, se faire masser… Pas de pression, ce n’est pas un marathon des bonnes intentions !

4. Changer sa déco

Pour démarrer l’année du bon pied et voir de la nouveauté, rien de tel qu’un peu de changement dans nos intérieurs. Les plus ambitieux et courageux auront peut-être pour projet une véritable rénovation de leur maison. Pour les autres, une nouvelle décoration aura tout l’effet escompté. Et puisque nous sommes en début d’année et que nous sommes sensibles aux astres et planètes, pourquoi ne pas aligner notre déco à notre signe astrologique ? Nos stylistes Westwing vous guident pour choisir les couleurs et le style qui vous conviennent le mieux selon votre signe.

5. Vivre au rythme de la nature

Pour soi mais aussi pour la planète, cette année on prend la bonne résolution de vivre au rythme des saisons. On mange de saison, on ralentit le rythme en automne, on fait entrer la nature chez soi avec des fleurs fraiches de printemps, des fleurs séchées en automne… On puise toute la lumière naturelle possible pour recharger nos batteries et avoir l’énergie pour réaliser tous nos projets !

6. S’offrir des cadeaux

On pense souvent aux autres plus qu’à soi mais parfois, un petit cadeau de soi-même à soi-même nous fait le plus grand bien. Cette année, prenez cette bonne résolution : pas besoin d’attendre noël ou votre anniversaire pour recevoir un cadeau. Si vous sentez que vous le méritez ou que ça vous remonterait le moral, alors faites vous plaisir.

7. Faire quelque chose que l’on n’a jamais fait

S’il est important de rester soi-même, il l’est tout autant de se donner de temps en temps des petits (ou grands) défis. Une nouvelle année est une bonne opportunité de faire quelque chose de complètement nouveau.

8. Dire aux gens qu’on aime qu’on les aime 

Les années passent parfois un peu trop vite et les occasions de voir nos proches peuvent se faire de plus en plus rares. Ces deux dernières années en particulier nous ont montré que la vie peut aussi être courte, alors profitons de chaque instant précieux passé en compagnie des gens que l’on aime et prenons le temps de le leur dire. Une bonne résolution qui vous fera du bien mais qui fera aussi du bien autour de vous.

9. Mettre de l’ordre dans ses affaires

Pour passer une année en toute sérénité, mieux vaut avoir les idées claires et être en paix avec soi-même et les autres. Pour mettre de l’ordre dans ses affaires, plusieurs options. Un grand ménage et un rangement régulier de sa maison permet de remettre les choses à leur place chez soi et dans notre tête. Arranger une situation tendue avec un proche et faire le point sur ce qui compte pour nous sera très bénéfique. Cette année, on ne se laisse pas déstabiliser et on ne s’inquiète que pour les choses sur lesquelles on peut agir. On se libère l’esprit et on se concentre sur ce qui nous fait du bien.

10. Sourire à la vie !

Il y aura des hauts et des bas durant cette nouvelle année, c’est certain. Tout ne se passera comme sur des roulettes. Mais on ne baisse pas les bras, on garde notre bonne humeur et on se rattache aux moments joyeux que l’on vit, aussi petits et simples soient-ils. Tout est une question de perspective : voyons le verre à moitié plein ! Alors, bonne année à vous !

Source: https://www.westwing.fr/inspiration/astuces-deco/bien-etre/resolutions-nouvel-an/

COMMENT FAIRE UNE LISTE DE BONNES RÉSOLUTIONS POUR LA NOUVELLE ANNÉE

Vous ne vous souvenez plus de certaines des résolutions que vous aviez prises pour cette année ? Vous êtes déçu de ne pas les avoir respectées ? Cela ne veut pas dire que faire une liste de bonnes résolutions ne sert à rien. Au contraire ! Vous pouvez atteindre vos objectifs, si vous êtes réaliste. Si vous voulez y arriver, lisez cet article !

Le 1er janvier approche. Le début d’une nouvelle année nous apporte généralement un certain enthousiasme et une motivation pour entreprendre de nouveaux changements. Pour beaucoup, c’est l’occasion de tourner la page. Et les résolutions sont considérées comme un bon moyen d’améliorer notre vie. Cela pourrait être particulièrement important après cette année, marquée par la crise de la Covid-19.

Vœux et résolutions du Nouvel An

Il est certain que l’un de ces objectifs vous sera familier. Ils font partie des plus courants à chaque fin d’année :

  • Avoir plus de temps libre. Souvent, les responsabilités et le travail occupent une bonne partie de votre temps. Le début d’une nouvelle année est généralement un bon moment pour commencer à changer et à trouver du temps pour soi. Cuisinez, inscrivez-vous à un cours, lisez, apprenez une langue, passez plus de temps avec votre famille, voyagez, faites du bénévolat, etc.
  • Objectifs d’amélioration personnelle. Les plus courants sont généralement liés à notre santé et à notre bien-être, comme arrêter de fumer, s’inscrire à une salle de sport, apprendre une langue ou perdre du poids.
  • Économiser de l’argent. Les objectifs liés à l’argent sont généralement de rembourser certaines dettes, d’économiser un peu plus d’argent ou de faire de petits investissements.

Comment atteindre vos objectifs du Nouvel An

Malgré l’enthousiasme initial avec lequel nous faisons généralement certains de ces projets d’avenir, seuls 40 % des personnes parviennent à maintenir leurs objectifs au bout de six mois, selon une étude de l’université de Scranton en Pennsylvanie.

Pour éviter de faire partie des 60% restants, voici quelques conseils soutenus par les meilleurs experts :

  • Fixez-vous des objectifs réalistes. Rêver en grand n’est généralement pas la meilleure option pour prendre des décisions. Ainsi, au lieu de vous engager à faire du sport tous les jours, vous pouvez vous engager à faire du sport trois jours par semaine. Divisez un projet en petites étapes au lieu de devoir tout terminer en une seule fois. Allez-y progressivement et ne vous fixez pas plusieurs objectifs à la fois, car si vous ne pouvez pas tous les atteindre, vous risquez d’être frustré ou stressé.
  • Rédigez un plan. Notez vos objectifs afin de pouvoir les garder à l’esprit et de vous motiver davantage. Cela vous aidera à tracer un itinéraire pour les réaliser. Il suffit de faire un schéma simple, en trois ou quatre étapes, qui vous aident à réaliser vos objectifs. Vous pouvez barrer les étapes au fur et à mesure que vous les franchissez.
  • Partagez votre plan. Garder ses objectifs pour soi rend souvent leur réalisation difficile. Au lieu de cela, les partager avec quelqu’un vous aidera à travailler plus dur pour pouvoir répondre aux questions lorsqu’on vous interrogera sur votre avancée.
  • Demandez de l’aide. Vous n’êtes pas seul. Si vous en avez besoin, demandez de l’aide. Les enfants, les amis ou toute autre personne de confiance peuvent vous aider à réaliser vos objectifs, surtout si vous vous sentez déprimé.
  • Ne procrastinez pas. Ne retardez pas votre objectif. N’oubliez pas que c’est pour votre bien et que c’est vous qui l’avez élaboré. Il y aura des moments où vous aurez envie de jeter l’éponge. La détermination n’est pas un chemin sans embuches. Relevez-vous et continuez, même si ce n’est qu’un petit peu à la fois.

Commencez dès maintenant à réfléchir à vos objectifs pour 2022. Ne renoncez pas à vos résolutions du Nouvel An simplement parce que vous n’avez pas pu les respecter dans le passé. Le moment est peut-être venu de réessayer et de faire de votre mieux pour qu’elles se réalisent.

Source: https://myeasysante.fr/news/comment-faire-une-liste-de-bonnes-resolutions-pour-la-nouvelle-annee/

Nouvel an : les 10 conseils pour tenir vos bonnes résolutions

A chaque nouvelle année, une volonté de renouveau nous traverse, nous emportant dans une vague de désir de changement et de transformation. Grisés par cet élan et cette belle énergie, nous prenons de bonnes résolutions.Quelques jours plus tard, l’euphorie est redescendue et notre motivation aussi. Nous nous lançons alors dans un combat acharné avec nos bonnes résolutions qui finissent par être abandonnées jusqu’à l’année prochaine. Si cette situation est bien souvent vécue comme un échec, elle ne représente, en aucun cas, une fatalité. Bien au contraire ! Tenir une bonne résolution est avant tout, une question de savoir-faire. En exclusivité, nous avons décidé de vous livrer les 10 conseils qui vous permettront de faire de cette année une différence, et de tenir enfin vos bonnes résolutions.

Définissez vos résolutions avec soin 

La première étape indispensable dans la réalisation d’une bonne résolution consiste à la définir correctement. Il s’agit, en effet, de choisir le ou les souhaits que vous aimeriez réellement accomplir actuellement dans votre vie, et non ceux des autres années ou d’autres personnes. Pour cela, n’hésitez pas à réfléchir tranquillement à vos désirs les plus profonds avant de les formaliser.

Priorisez vos choix 

Attention cependant. Plus vous vous imposerez de bonnes résolutions, et plus vous serez certains de n’en tenir aucune. L’objectif n’est pas d’établir une liste exhaustive de tout ce que vous aimeriez changer mais, au contraire, de prioriser la ou les actions que vous souhaitez accomplir en premier. Se transformer est un acte merveilleux qui demande temps, patience, effort et concentration. Il faut donc procéder étape par étape, et résolution par résolution.

Ecrivez vos résolutions 

Les mettre sur papier est une merveilleuse manière de les crédibiliser. Ancrées dans le réel, elles s’imposent à votre esprit. Pour plus d’efficacité, vous pouvez également les afficher bien en vue dans une pièce de votre maison. Votre cerveau, en les apercevant souvent, se concentra d’autant plus dessus. Lorsque vous rédigerez vos bonnes résolutions, nous vous conseillons également de les formuler toujours de manière positive pour amplifier leur effet.

Mettez au point une stratégie et un plan d’action 

Tenir une bonne résolution est également difficile car le but semble inatteignable. Passé les premiers instants de motivation, le désespoir gagne les rangs. Afin d’être réussie, une bonne résolution ne doit pas se percevoir comme un souhait à exaucer mais plutôt comme une stratégie à mettre en place. Ainsi, le meilleur moyen de l’accomplir est de la décomposer en plusieurs étapes. Vous pouvez les décliner sous la forme d’un plan d’action en listant plusieurs objectifs mesurables, disposant de délais d’exécution.

Tenez un journal 

La tenue d’un journal de bord constitue une pratique particulièrement bénéfique pour la réalisation d’une bonne résolution. Formidable outil, il vous permet d’écrire le plan d’action et d’opérer un véritable suivi auquel vous pouvez vous référer, notamment dans les périodes de démotivation.

Récompensez vos progrès 

Si vous voulez arriver jusqu’au bout de votre objectif, vous devez également vous gâter à chaque progrès. Félicitez-vous ou offrez-vous un petit plaisir, comme vous le souhaitez. L’important est de vous motiver à poursuivre vos efforts, et de déjouer le piège du découragement.

Mettez au courant votre entourage 

En rendant publiques vos résolutions, que ce soit dans votre cercle d’amis ou même sur vos réseaux sociaux préférés, vous réalisez un pacte avec vous-même afin de vous obliger à les tenir, ce qui amène une motivation supplémentaire.

Sollicitez de l’aide 

De la même manière, n’hésitez pas à demander de l’aide, qu’il s’agisse de celle d’un ami ou d’un professionnel (coach de viecoach sportif, etc.) afin qu’il vous épaule dans la dynamique de votre bonne résolution.

Travaillez dans la joie et l’amusement 

L’état d’esprit dans lequel vous abordez vos résolutions est un élément primordial. Plus vous rendrez vos objectifs ludiques, plus vous éprouverez de plaisir et de joie à les réaliser, et moins vous risquerez de les abandonner.

Restez positifs 

Quels que soient vos résultats, chassez la négativité. Ne vous fustigez pas en cas d’erreur, de baisse de vitalité ou de craquage. Tous ces processus font partie intégrante du chemin qui mène à la bonne résolution accomplie avec succès.

Source: https://www.editus.lu/en/practical-guide/festivities-246t/nouvel-an-les-10-conseils-pour-tenir-vos-bonnes-resolutions-729a

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Les Langues d’Europe

Pourquoi une Journée européenne des langues ?

Il ne s’est jamais présenté autant d’occasions de travailler ou d’étudier dans un autre pays européen, mais le manque de connaissances linguistiques empêche bon nombre de personnes de saisir ces opportunités.

Du fait de la mondialisation et des structures des grandes entreprises internationales, les compétences en langues étrangères sont de plus en plus indispensables aux citoyens pour travailler efficacement dans leur propre pays. L’anglais seul souvent ne suffit plus.

L’Europe possède un véritable trésor linguistique: on compte plus de 200 langues européennes, sans compter les langues parlées par les citoyens originaires d’autres continents. Cette ressource importante doit être reconnue, utilisée et entretenue.

L’apprentissage des langues présente des avantages pour tout le monde et à tout âge; il n’est jamais trop tard pour apprendre une langue et profiter des ouvertures qu’elle offre. Connaître ne serait-ce que quelques mots dans la langue du pays qu’on visite (pour les vacances par exemple) permet d’établir de riches contacts.

Apprendre les langues des autres peuples nous permet de mieux nous comprendre les uns les autres et de dépasser nos différences culturelles.

Les compétences linguistiques sont une nécessité et un droit pour TOUS: tel est l’un des principaux messages de la Journée européenne des langues.

Les objectifs généraux sont de développer une prise de conscience:

  • de la riche diversité linguistique de l’Europe, qui doit être maintenue et
    encouragée;
  • de la nécessité de diversifier la gamme de langues apprises (incluant des langues moins répandues), qui se traduit en plurilinguisme;
  • de l’importance de développer au moins un certain degré de compétences dans deux langues ou davantage pour une pleine participation à la citoyenneté démocratique en Europe.

Le Comité des Ministres (…) a décidé de déclarer la célébration d’une Journée européenne des langues le 26 septembre chaque année. (…) Il a recommandé que la Journée soit organisée de manière flexible et décentralisée de façon à répondre aux souhaits et aux ressources des Etats membres qui pourraient ainsi mieux définir leurs propres démarches; il a également recommandé que le Conseil de l’Europe propose un thème commun tous les ans. Le Comité des Ministres invite l’Union européenne à se joindre à cette initiative. Il est à espérer que la Journée sera célébrée en coopération avec tous les partenaires pertinents. Décision du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, Strasbourg (776e réunion – 6 décembre 2001)

Source: http://edl.ecml.at/Home/WhyaEuropeanDayofLanguages/tabid/1763/language/fr-FR/Default.aspx

La condition humaine

Notre planète compte plus de sept milliards d’habitants qui parlent entre 6 000 et 7 000 langues différentes. Certaines sont parlées par des centaines de millions de personnes – c’est le cas de l’anglais ou du chinois – mais la plupart n’ont que quelques milliers, voire qu’un nombre minime de locuteurs. En fait, 96% des langues du monde sont parlées par à peine 4% de la population du globe. Les Européens ont souvent l’impression que l’on pratique un nombre exceptionnel de langues sur leur continent, surtout en comparaison avec l’Amérique du Nord ou l’Australie. Pourtant, 3% seulement du total (soit environ 225) sont des langues européennes. La plupart des langues du monde sont parlées dans une large zone de part et d’autre de l’Equateur – en Asie du Sud-Est, en Inde, en Afrique et en Amérique du Sud. Bon nombre d’Européens pensent en outre que le monolinguisme est la condition naturelle chez l’homme. Or, plus de la moitié de la population mondiale est bilingue, à un certain degré, et un grand nombre d’individus sont plurilingues. Le monolinguisme est donc loin d’être la « norme ». De plus en plus, la diversité des langues et des cultures est considérée comme une richesse, tout comme la biodiversité dans le domaine de l’environnement naturel. Chaque langue a sa façon de voir le monde et est le produit d’une histoire propre. Toutes les langues ont leur identité et leur valeur et toutes ont une égale pertinence en tant que mode d’expression pour les personnes qui les parlent. Nous savons, grâce à des comparaisons entre les vitesses d’apprentissage de la parole chez les enfants, qu’aucune langue n’est intrinsèquement plus difficile à apprendre qu’une autre.

La structure de la langue

La langue est un système arbitraire de sons et de symboles utilisé par un groupe de personnes pour communiquer entre elles, exprimer une identité culturelle, entretenir des relations sociales ou comme source de plaisir (œuvres littéraires par exemple). Les langues diffèrent par leurs sonorités, leur grammaire, leur vocabulaire et leur structure du discours, mais toutes sont des entités extrêmement complexes. Le nombre des phonèmes – voyelles et consonnes – varie selon les langues, de moins d’une douzaine à plus d’une centaine. Les langues européennes se situent dans une moyenne comprise entre 25 phonèmes environ (par exemple l’espagnol) à plus de 60 (comme l’irlandais). Les alphabets transcrivent ces sons avec plus ou moins de précision : certaines orthographes (par exemple le gallois) sont très « phonétiques », d’autres (comme l’anglais) beaucoup moins. Sur le plan de la grammaire, chaque langue comporte des milliers de modes de formation des mots et de construction de phrases. Chacune a un vocabulaire très vaste pour répondre aux besoins de ses utilisateurs ; dans le cas des langues européennes, où le vocabulaire scientifique et technique est très riche, le lexique peut atteindre plusieurs centaines de milliers de mots et de locutions. Chaque locuteur ne connaît et n’utilise qu’une fraction du lexique total d’une langue. Une personne cultivée peut avoir un vocabulaire actif de 50 000 mots, et un vocabulaire passif – les mots compris mais non utilisés – bien plus important. Dans les conversations de tous les jours, on se sert souvent d’un nombre restreint de mots mais avec une très forte fréquence. On estime qu’à 21 ans, une personne a déjà prononcé environ 50 millions de mots. Les langues et les cultures sont vivantes et évoluent donc sans cesse. Les gens s’influencent les uns les autres par leur façon de parler et d’écrire. Les nouveaux médias, comme Internet, offrent aux langues de nouvelles possibilités de développement. Les langues sont en contact entre elles et ainsi exercent des influences mutuelles de diverses manières, notamment par les emprunts. L’anglais, par exemple, a emprunté des mots à plus de 350 langues au cours des siècles ; aujourd’hui les langues européennes lui empruntent à leur tour de nombreux termes.

L’acquisition du langage

L’apprentissage de la langue maternelle se fait essentiellement au cours des cinq premières années de l’enfant, mais l’acquisition de certains de ses aspects (notamment le vocabulaire) se poursuit toute la vie. La première année, l’enfant produit des sons à partir desquels vont se forger les structures du rythme et de l’intonation, puis les voyelles et les consonnes. Vers un an apparaissent les premiers mots compréhensibles. La deuxième année, l’enfant articule des combinaisons de deux mots, puis de trois et quatre mots. A trois ou quatre ans, il forme des phrases de plus en plus longues et complexes. Le vocabulaire passe d’environ 50 mots actifs à 18 mois à plusieurs milliers à l’âge de cinq ans. La langue maternelle est généralement considérée comme la « première langue » qu’apprend un individu. C’est celle qu’il connaît le mieux, qu’il utilise le plus ou à laquelle il s’identifie. Certaines personnes bilingues ont appris deux langues en même temps et de manière si étroite qu’il leur est impossible de dire quelle est leur « première » ou leur « deuxième » langue. Mais la distinction est généralement claire puisque l’apprentissage de la seconde ou de la troisième langue se fait à l’école ou plus tard dans la vie. Il n’y a pas de limite d’âge au-delà de laquelle il est impossible d’apprendre une autre langue. Le bilinguisme est un phénomène complexe. Un mythe très répandu est qu’une personne bilingue possède les deux langues à égalité ; en réalité, il est rare qu’il y ait un équilibre entre les deux. De même, toutes les personnes bilingues n’ont pas les mêmes compétences puisqu’il existe de multiples formes de bilinguisme. Certaines personnes s’expriment dans les deux langues comme des locuteurs de langue maternelle, d’autres ont un fort accent étranger dans l’une des deux. Certains lisent parfaitement dans les deux langues, d’autres dans une seule. Certains préfèrent écrire dans une langue et mais ne savent que parler dans l’autre. Le bilinguisme apporte toutes sortes d’avantages. Il favorise l’apprentissage d’autres langues ; d’une certaine façon, la connaissance d’une deuxième langue facilite l’apprentissage d’une troisième langue. Les bilingues peuvent aussi avoir certains avantages du point de vue de la réflexion. Il a été prouvé ainsi que les personnes bilingues progressent plus rapidement que les monolingues au début du développement cognitif et qu’ils sont, à bien des égards, plus créatifs dans leurs compétences linguistiques. Les bilingues ont le gros avantage de pouvoir communiquer avec un plus grand éventail de personnes. Ils peuvent vivre en profondeur deux cultures, voire plus ; ils communiquent donc mieux avec les autres cultures et sont capables de construire des passerelles culturelles. Ils ont un avantage économique potentiel puisqu’ils ont plus de choix sur le marché du travail. De même, il est reconnu que les entreprises multilingues sont en meilleure position de concurrence que les autres (monolingues).

Familles de langues

Les langues sont liées les unes aux autres comme les membres d’une même famille. La majorité des langues d’Europe ont une même origine dite indoeuropéenne. Elles se regroupent en plusieurs grandes familles englobant la plupart des locuteurs: les langues germaniques, romanes et slaves. La famille des langues germaniques a une branche nordique qui comprend le danois, le norvégien, le suédois, l’islandais et le féroïen et une branche occidentale comptant l’allemand, le néerlandais, le frison, l’anglais et le yiddish. La famille des langues romanes réunit le roumain, l’italien, le corse, l’espagnol, le portugais, le catalan, l’occitan, le français, le romanche, le ladin et le sarde. En revanche le russe, l’ukrainien, le biélorusse, le polonais, le sorabe, le tchèque, le slovaque, le slovène, le serbe, le croate, le macédonien et le bulgare sont des langues slaves. La famille celtique compte l’irlandais, le gaélique d’Ecosse, le gallois et le breton, et l’on observe des mouvements de renaissance du cornique et du manxois. Le letton et le lituanien appartiennent à la famille des langues baltes. Le grec, l’albanais et l’arménien constituent chacun une famille distincte comprenant un seul membre. Le basque est une exception ; c’est en effet une langue non indo-européenne et dont l’origine est inconnue. Par ailleurs, plusieurs familles de langues non indoeuropéennes sont implantées en Europe. Dans le Nord, les langues ouraliennes sont représentées par le finnois, l’estonien, le hongrois, plusieurs langues sâmes et d’autres petites langues parlées dans la partie septentrionale de la Russie, comme l’ingrien ou le carélien. Dans le Sud-Est, nous avons des représentants de la famille altaïque, notamment le turc et l’azéri. La famille caucasienne, parlée dans une zone relativement compacte entre la mer Noire et la mer Caspienne, comprend une quarantaine de langues, dont le géorgien et l’abkhaze. La famille afro-asiatique englobe le maltais, l’hébreu et le berbère. Toutes ces langues utilisent un petit nombre d’alphabets. La plupart des langues ont adopté l’alphabet latin (ou romain). Le russe et certaines autres langues slaves utilisent l’alphabet cyrillique. Le grec, le yiddish, l’arménien et le géorgien ont leur propre graphie. Parmi les langues non européennes largement utilisées sur le territoire européen, citons l’arabe, le chinois et l’hindi, qui ont chacune leur écriture.

Source: http://edl.ecml.at/Home/Thecelebrationoflinguisticdiversity/tabid/2972/language/fr-FR/Default.aspx

Les langues d’Europe

Il est difficile de connaître le nombre de langues parlées dans le monde. Cette affirmation surprend souvent ceux qui ne travaillent pas dans la linguistique, mais c’est tout à fait vrai. Naturellement, il en est de même en Europe et cela n’est pas étrange.

Dans le continent européen il existe des langues qui ne se parlaient presque plus et qui ont ressurgi récemment (comme le tatar de Crimée, langue parlée par un peuple qui a subi une déportation). Des langues qui arrivent avec les personnes qui les utilisent (comme le chinois). Des langues qui, du fait de la volonté des sociétés qui les utilisent en tant qu’élément d’identification et de cohésion sociale, naissent à partir d’autres déjà existantes (comme le luxembourgeois, une variété locale de l’allemand à l’origine), et des langues qui désirent ressusciter (comme le cornique). Il existe aussi, malheureusement, des langues qui s’affaiblissent (comme l’aragonais). Il est ainsi difficile d’affirmer combien de langues sont parlées en Europe.

De toute façon, on peut considérer que le nombre de langues parlées dans le continent européen, de l’océan Atlantique à la cordillère de l’Oural – mais sans celle du Caucase –, est proche de soixante-dix, sans inclure les différentes langues de signes des différentes communautés de personnes sourdes, ni toutes les langues qu’utilisent quotidiennement les nouveaux européens arrivés du monde entier.

La plupart de ces soixante-dix langues appartient à la famille indoeuropéenne, ce qui veut dire qu’elles ont une origine commune et qu’elles se ressemblent ainsi, malgré que ces ressemblances –par exemple, entre l’italien et le suédois– ne sont souvent détectables que par les spécialistes car elles ne sont pas très évidentes à simple vue. Il existe aussi en Europe des langues appartenant aux familles ouralienne (comme c’est le cas pour le finnois, pour l’estonien ou pour le hongrois) et altaïque (comme le turc ou le tatar) et, de plus, une langue issue de la famille afro-asiatique, le maltais, proche de l’arabe, et une langue dont on ne connaît pas la famille: le basque.

En Europe les langues indoeuropéennes comprennent les langues baltiques (le letton ou le lituanien), les celtiques (comme c’est le cas pour le gaélique irlandais, pour le gallois ou pour le breton), les slaves (comme c’est le cas pour le russe, pour le polonais, pour le sorabe ou pour le macédonien), les germaniques (comme c’est le cas pour le l’anglais, pour le l’allemand, pour le frison ou pour l’islandais) i les romanes (comme c’est le cas pour le catalan, pour le roumain, pour le castillan ou pour l’occitan), et aussi le grec, l’albanais et le romani, la langue indo-iranienne que parlent tant de gitans européens.

Les langues européennes se sont mutuellement empruntées des mots tout au long de l’histoire. Elles en ont bien sûr aussi empruntés des langues des autres continents. Ceci est le fruit d’une interrelation féconde. Ainsi, afin de fournir un échantillon, le turc a apporté à une grande quantité de langues européennes des mots comme par exemple haviar (‘caviar’) et yoghurt (‘yogourt’). Le mot sauna, existant dans beaucoup de langues, provient du finnois.

Aujourd’hui les sociétés européennes ont un défi principal à affronter; elles doivent maintenir la diversité linguistique qu’elles ont toujours développée, sans être contrariantes par rapport à une notable unité culturelle, ainsi que les langues provenant de l’immigration, actuellement très importante. Ceci signifie qu’il faut trouver des formules de communication supranationale ne favorisant l’hégémonie d’aucune langue et qu’il faut aussi encourager toutes les langues du continent qui, pour des raisons économiques ou politiques, se trouvent en situation de faiblesse, ce qui menace leur propre survie.

Source: http://www10.gencat.cat/casa_llengues/AppJava/fr/diversitat/diversitat/llengues_europa.jsp

Carte des langues d’Europe

Carte des langues d'Europe

Source: http://portal-lem.com/map-les_langues_d_europe.html

La pluralité linguistique dans la pratique des institutions de l’UE

La pluralité linguistique ne doit pas forcément aboutir à une confusion totale des langues. Multilinguisme ne signifie pas que chaque citoyen et salarié dans l’UE doive revendiquer sa langue maternelle dans toute situation. On peut et l’on doit exiger des connaissances linguistiques particulières de la part des fonctionnaires des institutions de l’UE qui font l’objet d’un recrutement spécial. C’est pourquoi les institutions peuvent très bien se comprendre dans quelques langues de travail au niveau administratif, ce qui est déjà le cas en pratique. Le multilinguisme théorique n’est donc pas réalité à tous les niveaux.

Les parlementaires élus par les citoyens sont cependant choisis exclusivement en raison de leur compétence à représenter les citoyens de leur circonscription électorale, et non pas en fonction de leurs connaissances linguistiques. C’est pourquoi on ne peut exiger de leur part qu’ils parlent plusieurs langues étrangères. La pluralité linguistique pratiquée abondamment au Parlement, l’organe le plus démocratique et le plus près des citoyens, devrait être conservée tant qu’il existera des députés qui ont des difficultés à communiquer dans une langue étrangère.

Dans cette constellation, l’apprentissage des langues étrangères est donc une priorité absolue. Non seulement pour trouver un instrument commun de communication mais aussi pour connaître la culture et le concept se cachant derrière chaque langue. La langue est bien plus qu’un outil. Il est évident que les partenaires de négociation connaissant et comprenant ces concepts dans des rencontres interculturelles et dans la recherche de compromis lors de forums internationaux obtiennent beaucoup plus de résultats que ceux qui n’utilisent la langue que comme un simple outil.
Peut-être est-ce précisément la raison pour laquelle des langues artificielles comme l’Esperanto en tant que langue véhiculaire européenne n’ont pas réussi à s’imposer. Les langues artificielles ne sont que des outils de communication n’abritant aucune identité. Il manque à ces langues la vie quotidienne actuelle et la culture nourrissant le concept linguistique qui incite beaucoup de gens à apprendre d’autres langues et qui fait de la langue un vécu appréhendable. L’Europe et ses citoyens parlent des langues différentes. Il est donc logique que l’UE reflète par la diversité de ses langues officielles l’héritage culturel de ses citoyens et leurs identités.

Le citoyen UE multilingue – fondement d’une identité européenne ?

Les critiques voient dans le multilinguisme et l’obligation de traduire dans les 23 langues officielles de l’UE (506 combinaisons linguistiques sont ainsi théoriquement possibles) un obstacle à une action effective au niveau de l’UE. On a déjà mentionné le fait que cela n’est pas le cas en réalité à tous les niveaux d’action et de travail. De plus, la question est de savoir si le multilinguisme est un obstacle à la formation d’une identité européenne et donc à une opinion publique européenne. On peut se demander en outre si une Lingua Franca, ou quelques autres langues véhiculaires devant faciliter le travail au niveau de l’UE, pourraient être utiles aussi en tant que Lingua Franca parmi les citoyens dans la formation d’une identité et d’une opinion publique européennes.

Le groupe d’experts constitué par la Commission en 2006 sur le thème de la pluralité linguistique est arrivé à la conclusion dans son rapport final que le multilinguisme n’est pas la cause du manque d’opinion publique européenne. Ce sont plutôt d’une part les institutions et les organes qui ne sont pas capables d’utiliser un langage compréhensible pour les citoyens. D’autre part, une opinion publique s’est toujours formée jusqu’ici au niveau national. La raison en est qu’il n’existe par exemple aucun journal ou chaîne de télévision européens qui fassent le rapport à l’échelle européenne du calendrier politique de l’UE et qui s’adressent à un public autant européen que national. Le professeur et expert UE Timothy Garton Ash s’est exprimé lui aussi dans ce sens en octobre 2007 dans le Guardian, que le problème de l’UE est toujours un manque d’opinion publique européenne. Créer un sentiment communautaire collectif européen et parler en même temps plusieurs langues est le grand défi européen. Leonard Orban, commissaire au multilinguisme est convaincu que la diversité linguistique de l’Europe peut aussi encourager l’intégration. Comme les sociolinguistes, donc les scientifiques linguistiques qui se penchent sur le rapport entre langue et société, il voit dans les langues la clé pour créer des sociétés intégratives. Seulement là où les gens sont prêts à apprendre la langue de leur voisin, et même si c’est un citoyen parlant une autre langue, une intégration peut fonctionner et réussir.

Avec une génération montante de citoyens européens qui ont dès le départ la chance d’apprendre plusieurs langues et de faire des expériences dans l’étranger européen à l’école, pendant leurs études, au cours de leur formation ou dans la profession, va peut-être émerger une génération qui se considèrera comme « européenne ». Cependant, nous avons tous notre langue maternelle qui nous définit, comme la culture dans laquelle nous avons grandi et dont fait partie en général une langue précise. C’est justement cette diversité qui fait la richesse de l’Europe et qui contribue à notre identité européenne.

Source: http://www.eurotopics.net/fr/home/presseschau/archiv/magazin/gesellschaft-verteilerseite/sprachen-2008-04/sprachenvielfalt_leibbrand/

Vidéo:

Vidéo:

http://www.franceinter.fr/emission-questions-sur-leurope-leurope-protege-t-elle-ses-langues-minoritaires

Autumn Leaves

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Autumn Leaves (Originally «Les Feuilles Mortes» by Joseph Kosma & Jacques Prévert, 1945)

The falling leaves
Drift by the window
The autumn leaves
All red and gold
I see your lips
The summer kisses
The sunburned hands
I used to hold.

Since you went away
The days grow long…
And soon I’ll hear
Old winter songs
But I miss you most of all
My darling, when autumn leaves start to fall…

C’est une chanson
Qui nous ressemble
Toi qui m’aimais
Et je t’aimais
Nous vivions tous les deux ensemble
Toi qui m’aimais
Moi qui t’aimais

Mais la vie sépare
Ceux qui s’aiment
Tout doucement
Sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

Since you went away
The days grow long…
And soon I’ll hear
Old winter songs
But I miss you most of all
My darling, when autumn leaves start to fall…

Yves Montand – Les Portes de la Nuit (1946)

Edith Piaf (1950)

Yves Montand – Les Feuilles Mortes (Parigi è sempre Parigi, Movie – 1951)

Nat King Cole (1956)

Robert Aldrich – Autumn Leaves (Movie, 1956)

Frank Sinatra (1956)

Miles Davis (1964)

Jerry Lee Lewis (1971)

Chet Baker and Paul Desmond (1977)

Eva Cassidy (1996)

Andrea Bocelli (2006)

Iggy Pop – Les Feuilles Mortes (2009)

Natalie Cole (2009) 

Korean Pops Orchestra (2010)

Eric Clapton (2010)

Richard Galliano Tangaria Quartet (2010)

Victor Mendoza (2011)

Jermaine Jackson & David Serero (2013)

Beegie Adair Trio (2014)

JAzz Musickorea (2015 ?)

Ahmad Jamal (2017)

L’Automne est arrivé

Albert Samain – Automne

Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.
L’Automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur ;
Et voici que s’afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.
Le vol des guêpes d’or qui vibrait sans repos
S’est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l’enclos.
Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
Seul, le son d’une enclume ou l’aboiement d’un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée.
Suscitant des pensers d’immortelle et de buis,
La cloche sonne, grave, au coeur de la paroisse ;
Et la lumière, avec un long frisson d’angoisse,
Ecoute au fond du ciel venir des longues nuits…
Les longues nuits demain remplaceront, lugubres,
Les limpides matins, les matins frais et fous,
Pleins de papillons blancs chavirant dans les choux
Et de voix sonnant clair dans les brises salubres.
Qu’importe, la maison, sans se plaindre de toi,
T’accueille avec son lierre et ses nids d’hirondelle,
Et, fêtant le retour du prodigue près d’elle,
Fait sortir la fumée à longs flots bleus du toit.
Lorsque la vie éclate et ruisselle et flamboie,
Ivre du vin trop fort de la terre, et laissant
Pendre ses cheveux lourds sur la coupe du sang,
L’âme impure est pareille à la fille de joie.
Mais les corbeaux au ciel s’assemblent par milliers,
Et déjà, reniant sa folie orageuse,
L’âme pousse un soupir joyeux de voyageuse
Qui retrouve, en rentrant, ses meubles familiers.
L’étendard de l’été pend noirci sur sa hampe.
Remonte dans ta chambre, accroche ton manteau ;
Et que ton rêve, ainsi qu’une rose dans l’eau,
S’entr’ouvre au doux soleil intime de la lampe.
Dans l’horloge pensive, au timbre avertisseur,
Mystérieusement bat le coeur du Silence.
La Solitude au seuil étend sa vigilance,
Et baise, en se penchant, ton front comme une soeur.
C’est le refuge élu, c’est la bonne demeure,
La cellule aux murs chauds, l’âtre au subtil loisir,
Où s’élabore, ainsi qu’un très rare élixir,
L’essence fine de la vie intérieure.
Là, tu peux déposer le masque et les fardeaux,
Loin de la foule et libre, enfin, des simagrées,
Afin que le parfum des choses préférées
Flotte, seul, pour ton coeur dans les plis des rideaux.
C’est la bonne saison, entre toutes féconde,
D’adorer tes vrais dieux, sans honte, à ta façon,
Et de descendre en toi jusqu’au divin frisson
De te découvrir jeune et vierge comme un monde !
Tout est calme ; le vent pleure au fond du couloir ;
Ton esprit a rompu ses chaînes imbéciles,
Et, nu, penché sur l’eau des heures immobiles,
Se mire au pur cristal de son propre miroir :
Et, près du feu qui meurt, ce sont des Grâces nues,
Des départs de vaisseaux haut voilés dans l’air vif,
L’âpre suc d’un baiser sensuel et pensif,
Et des soleils couchants sur des eaux inconnues…

Quelle:

Automne

Alphonse de Lamartine – L’Automne

Salut ! bois couronnés d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !
Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire,
J’aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois !
Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d’attraits,
C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !
Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d’un regard d’envie
Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui !
Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L’air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d’un mourant le soleil est si beau !
Je voudrais maintenant vider jusqu’à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?
Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu ? …
La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu’elle expire,
S’exhale comme un son triste et mélodieux.

Quelle:

L’automne

Renée Vivien – L’Automne Pourquoi les feuilles jaunissent-elles en automne ? - Sciences et Avenir

L’Automne s’exaspère ainsi qu’une Bacchante,
Folle du sang des fruits et du sang des baisers
Et dont on voit frémir les seins inapaisés…
L’Automne s’assombrit ainsi qu’une Bacchante
Au sortir des festins empourprés. Elle chante
La moite lassitude et l’oubli des baisers.
Les yeux à demi-morts, l’Automne se réveille
Dans le défaillement des clartés et des fleurs,
Et le soir appauvrit le faste des couleurs.
Les yeux à demi-morts, l’Automne se réveille :
Ses membres sont meurtris et son âme est pareille
Aux coupes sans ivresse où s’effeuillent les fleurs.
Ayant bu l’amertume et la haine de vivre
Dans le flot triomphal des vignes de l’été,
Elle a connu le goût de la satiété.
L’éternelle amertume et la haine de vivre
Corrompent le festin où le monde s’enivre,
Étendu sur le lit de roses de l’été.
L’Automne, ouvrant ses mains d’appel et de faiblesse,
Se meurt du souvenir accablant de l’amour,
Et n’ose en espérer l’impossible retour.
Sa chair de volupté, de langueur, de faiblesse.
Implore le venin de la bouche qui blesse
Et qui sait recueillir les sanglots de l’amour.
Le cœur à demi-mort, l’Automne se réveille
Et contemple l’amour à travers le passé.
Le feu vacille au fond de son regard lassé.
Le cœur à demi-mort, l’Automne se réveille :
La vigne se dessèche et périt sur la treille…
Dans le lointain pâlit la rive du passé.

Quelle:

L’Automne

Nérée Beauchemin – Roses d’Automne

Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.
Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.
Les bosquets sont ravis, le ciel même s’étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d’automne,
Les boutons, tout gonflés d’un sang rouge, fleurir.
En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C’est l’âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.
Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.

Quelle:

Roses d’automne

Charles Baudelaire – Chant d’Automne

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.
Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.
J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.
Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? – C’était hier l’été ; voici l’automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II

J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.
Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.
Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !
Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,
De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !

Quelle:

Chant d’automne

Vidéo:

Paul Verlaine – Chanson d’Automne

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Quelle:

Chanson d’automne

Charles Trénet – Chanson d’Automne (Verlaine)

Vidéo:

http://www.ina.fr/video/I07085686

Léo Ferré – Chanson d’Automne (Verlaine)

Yves Montand – Les Feuilles Mortes

Paroles:

Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis.
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
Tu vois, je n’ai pas oublié…
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l’oubli.
Tu vois, je n’ai pas oublié
La chanson que tu me chantais.

{Refrain:}
C’est une chanson qui nous ressemble.
Toi, tu m’aimais et je t’aimais
Et nous vivions tous deux ensemble,
Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais.
Mais la vie sépare ceux qui s’aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie.
Je t’aimais tant, tu étais si jolie.
Comment veux-tu que je t’oublie ?
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.
Tu étais ma plus douce amie
Mais je n’ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais,
Toujours, toujours je l’entendrai !

{Refrain}

Quelle:

http://musique.ados.fr/Yves-Montand/Les-Feuilles-Mortes-t61830.html

Iggy Pop – Les Feuilles Mortes (2009)

Serge Gainsbourg – La Chanson de Prévert

Paroles:

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,
cette chanson était la tienne,
c’était ta préférée, je crois
qu’elle est de Prévert et Kosma.

Et chaque fois les feuilles mortes
te rappellent à mon souvenir,
jour après jour
les amours mortes
n’en finissent pas de mourir.

Avec d’autres bien sûr je m’abandonne,
mais leur chanson est monotone
et peu à peu je m’indiffère,
à cela il n’est rien a faire.

Car chaque fois les feuilles mortes
te rappellent à mon souvenir,
jour après jour
les amours mortes
n’en finissent pas de mourir.

Peut-on jamais savoir par où commence
et quand finit l’indifférence ?
Passe l’automne, vienne l’hiver
et que la chanson de Prévert,

Cette chanson,
Les feuilles mortes,
s’efface de mon souvenir
et ce jour là
mes amours mortes
en auront fini de mourir.

Et ce jour là
mes amours mortes
en auront fini de mourir.

Quelle:

http://www.metrolyrics.com/la-chanson-de-prevert-lyrics-gainsbourg-serge.html

Alain Morisod & Sweet People – La Chanson de Prévert

Vidéo:

L’Origine de la Langue Française

Le français, l’allemand ou le tchèque sont originaires… de Turquie

De l’Europe de l’Ouest au continent indien, du nord au sud de l’Amérique, des millions de personnes parlent des langues en apparence très différentes appartenant à une même famille, celle des langues indo-européennes. Si les racines unissant le français au bengali, le danois au roumain, le balte à l’islandais, l’espagnol au gallois sont admises par tous les linguistes, la question des origines demeure très débattue. Quel est le berceau de cette famille de langues ? Une nouvelle étude le place en Anatolie, dans l’actuelle Turquie.

Depuis plusieurs décennies, deux hypothèses se font face, mêlant preuves archéologiques et travaux linguistiques.
D’un côté l’hypothèse anatolienne : les premiers indo-européens seraient originaires d’Anatolie, région du Croissant fertile, là où est née l’agriculture. De précédents travaux, tant archéologiques que génétiques, ont montré que la diffusion de l’agriculture s’est faite avec les déplacements des premiers cultivateurs, partis il y a 8.000 à 9.000 ans du Croissant fertile à travers le continent européen (lire L’ADN raconte la diffusion de l’agriculture en Europe).

De l’autre côté, l’hypothèse de la steppe : le foyer indo-européen se trouverait au nord de la mer Noire, du côté de l’actuelle Ukraine, d’où les cavaliers des Kourganes ont déferlé sur l’Europe vers 3.000 avant notre ère.

Cavaliers ou fermiers ? Même s’ils ne mettent pas fin au débat, les travaux publiés par Quentin Atkinson (University of Auckland, Australie) et ses collègues dans la revue Science du 24 août, fournissent une nouvelle approche méthodologique. Ces chercheurs ont utilisé la même technique que les biologistes qui remontent la piste d’un virus de la grippe, par exemple, à partir des mutations de son matériel génétique.

Ici, l’ADN était remplacé par les mots apparentés, ceux qui sont une origine commune dans plusieurs langues, comme nuit, night, nacht, notte, noche, etc (voir la carte des mots ‘trois’ et ‘eau’). Le rythme d’apparition et de disparition de ces mots apparentés a été analysé comme les taux de mutations dans un code génétique en biologie.

Cette analyse conclut en faveur d’une origine anatolienne des langues indo-européennes. L’expansion de ces langues irait donc de paire avec celle des techniques agricoles plutôt qu’avec une conquête guerrière.

Les langues indo-européennes forment une très grande famille, regroupant aujourd’hui plus de 400 langages parlés par 3 milliards de personnes. Voici les principaux sous-groupes :
–  les langues latines: français, espagnol, roumain, italien, catalan..
–  les langues germaniques : anglais, allemand, danois, norvégien, suédois, flamand..
–  les langues slaves : russe, serbo-croate, slovaque, tchèque…
–  le grec
–  les langues indo-iraniennes : hindi-ourdou, bengali, singhalais, panjabi, sanscrit (ancienne langue), persan..
–  les langues celtiques : breton, gallois, irlandais…
– les langues baltes

Plusieurs langues parlées en Europe sont des exceptions notables et n’appartiennent pas à cette famille : le basque, le hongrois, le finnois, le lapon et l’estonien.

Source: http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/20120824.OBS0399/langues-le-francais-l-allemand-ou-le-tcheque-sont-originaires-de-turquie.html

Anatoliens préhistoriques ou cavaliers Kourganes ?

Parlées par près de 3 milliards de personnes, l’origine des langues indo-européennes divise depuis une vingtaine d’années la communauté des archéologues et linguistes, entre Anatoliens préhistoriques et cavaliers Kourganes :

  • L’hypothèse kourgane, de la préhistorienne et archéologue américaine Marija Gimbutas défendait l’idée que l’indo-européen serait né il y a 6 000 ans au nord de la mer Caspienne dans les steppes eurasiennes. Sa diffusion à travers l’Europe et le Proche-Orient aurait été effectuée par les Kourganes, un peuple de cavaliers semi-nomades ;
  • L’hypothèse anatolienne, développée par l’archéologue britannique Colin Renfrew pour qui les Indo-Européens vivaient en Anatolie, 2 000 ans avant les Kourganes. La langue d’origine se serait ensuite répandue avec la propagation de l’agriculture en Anatolie.

Afin de déterminer laquelle des deux hypothèses était la plus juste, des chercheurs néo-zélandais de l’université d’Auckland ont utilisé des méthodes de biostatistique qui servent en biologie évolutionniste. Souvent employées par les virusologues, elles consistent à suivre l’évolution d’un gène en comparant différentes espèces.

Pour les linguistes, il s’agissait d’observer des mots issus du vocabulaire de base, comme mère, dans 103 langues indo-européennes, aussi bien anciennes que contemporaines. Ces mots ont ensuite été utilisés pour réaliser un arbre généalogique des langues.

Pour le reste, Quentin Atkinson, un des chercheurs néo-zélandais ayant participé à l’étude, explique :

« En remontant dans le temps en utilisant ces méthodes pour étudier les épidémies virales, nous avons pu évaluer les théories. Et nous avons constaté beaucoup plus de convergences vers la théorie anatolienne. »

Source: http://rue89.nouvelobs.com/2012/08/24/finalement-le-francais-serait-plutot-ne-en-turquie-234823

L’étymologie pour retrouver le sens des choses

Aujourd’hui, il est intéressant à travers l’étymologie d’un mot, de retrouver son origine latine, grecque ou autre. Pour exemple, le mot «salut» si souvent utilisé dans le langage quotidien, provient du latin salutem et salus et signifie la santé ou le salut de l’âme. Il est donc étonnant et typiquement français que chaque jour en disant «salut» à quelqu’un pour lui souhaiter une bonne journée, on lui souhaite également le salut et la bonne santé. Le latin, ancienne langue indo-européenne, est connu pour être la langue mère de la langue française.

Outre le latin, les racines grecques sont aussi très présentes. Elles sont apparues dans la langue française surtout par la formation savante entre les XIVe et XIXe siècle. Ainsi les mots de la famille de «bible» qui proviennent du grec byblos, signifiant «livre», ont donné naissance à d’autres mots tels que «bibliothèque» ou «bibliographie». La racine cyclos a également donné tous les mots intégrant la notion de cercle: cycle, cyclone, cyclamen, recycler, bicyclette.

Bien avant l’arrivée des Romains et de la langue latine, la présence des Gaulois aura, elle aussi, laissé son empreinte étymologique sur une centaine de mots français, tous issus du terroir: charrue, charrette, charroyer, proviennent ainsi du gaulois carros signifiant charriot, maintenu au fil des siècles car les Gaulois avaient la réputation de maîtriser la fabrication des voitures à chevaux.

Le chêne, arbre sacré chez les Gaulois tire directement son nom du gaulois cassanos qui donna ensuite en vieux français chesnes. Le mot berceau est aussi le produit de la résistance culturelle celte face à l’envahisseur romain. En effet, très différent de la racine latine cunae, le mot berceau provient du celte bertio (berceau) ou bert (porter, fardeau).

Mouton, bruyère, charpentier, ruche, javelot, etc. les mots d’origine gauloise ou celtique sont encore bien présents dans la langue française et attestent de cette volonté de préserver l’héritage culturel et l’histoire de la France en les préservant dans sa langue.

L’évolution de la langue française 

Aujourd’hui, la langue française poursuit son évolution, maintenant dictée par l’effet de la mondialisation et surtout par l’hégémonie de la langue anglaise sur la planète. Une hégémonie qui a mené à l’apparition de mots nouveaux lui conférant une touche anglo-saxonne. Se mettre du gloss (brillant à lèvres), regarder un thriller (un film d’angoisse), prendre un brunch (déjeuner matinal), distribuer des flyers (prospectus), ces expressions se sont maintenant ancrées dans notre langage en même temps que leur mode de vie relatif.

Il appartient à l’Académie française de déterminer et de maîtriser le flot ininterrompu de ces mots nouveaux issus de l’anglais, et qui pour certains, vont bien au-delà des frontières et entraînent quasiment un phénomène d’uniformisation de la langue sur plusieurs pays. C’est le cas d’expressions issues des moyens de communication électronique. En prononçant le mot roadmap, signifiant feuille de route, vous seriez étonné d’être compris par toute l’Europe, et au-delà encore.

Selon Miriam de Beaulieu, interprète à l’ONU et auteur de Anglicismes, nouveau moteur de l’évolution de la langue française, ces deux langues sont le reflet d’une pensée et de comportements culturellement bien différents. Reflet de l’histoire en premier lieu, qui fait de l’anglais une langue d’insularité, comportement de nombreux mots et expressions basés sur la mer, alors que le français est marqué par une territorialité bien prégnante dans son vocabulaire. Miriam de Beaulieu donne ainsi l’exemple de l’expression «It won’t hold water» correspondant à notre expression «cela ne tiendra pas la route» qui montre bien la différence culturelle entre un peuple bien terrien et un peuple de marins. Cette compréhension si différente à la base pourrait laisser entendre que l’arrivée de ces mots d’origine anglaise ne dépassera jamais une certaine proportion et ne resteront que des mots et des expressions bien visibles et donc tout à fait différentiables de notre langage courant.

La langue française porte en elle une richesse unique issue de son histoire, de sa géographie et de sa culture, ce qui peut expliquer qu’elle soit considérée comme une des plus belles langues du monde. Ceci n’est pas négligeable lorsque l’on sait que le langage demeure le moyen d’expression le plus simple pour comprendre et communiquer sur les différents aspects du monde qui nous entoure.

Source: http://www.epochtimes.fr/front/13/3/11/n3508018/les-origines-et-levolution-de-la-langue-francaise.htm

Vidéo:

Enregistrement:

Dialectes en France

Le français comme langue officielle

La victoire du français comme langue officielle sera consacrée le 15 août 1539 par François 1er, lors de l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui stipule que désormais tous les actes administratifs seront passés en français. Cette mesure, prise autant pour faciliter le travail de l’administration, dont certains membres ignoraient le latin, que pour imposer la langue du roi dans les provinces, fit du français la langue de l’Etat.

Et afin qu’il n’y ait cause de douter sur l’intelligence desdits arrests, nous voulons et ordonnons qu’ils soient faits et escrits si clairement, qu’il n’y ait ne puisse avoir aucune ambiguïté ou incertitude, ne lieu à demander interprétation. (article 110)

Et pour ce que de telles choses sont souvent advenues sur l’intelligence des mots latins contenus esdits arrests, nous voulons d’oresnavant que tous arrests, ensemble toutes autres procédures […] soient prononcez, enregistrez et delivrez aux parties en langaige maternel françois et non autrement. (article 111)

L’officialisation du français par l’ordonnance de Villers-Cotterêts a joué en faveur de l’extension du français, faisant franchir un pas décisif à cette langue, non seulement par rapport au latin, mais par rapport aux dialectes. Toutefois cette ordonnance n’avait fait que remplacer une langue écrite, le latin, par une autre langue écrite, le français, et les notaires avaient souvent simplement pris l’habitude de rédiger en français les testaments de gens qui continuaient à parler patois, comme en témoignent, en plein XVIIe siècle, les aventures arrivées à Racine et à La Fontaine.

« Racine raconte ainsi son voyage à Uzès dans une lettre de 1661 à son ami La Fontaine : «J’avais commencé dès Lyon à ne plus guère entendre le langage du pays, et à n’être plus intelligible moi-même. Ce malheur s’accrut à Valence, et Dieu voulut qu’ayant demandé à une servante un pot de chambre, elle mit un réchaud sous mon lit. Vous pouvez imaginer les suites de cette maudite aventure, et ce qui peut arriver à un homme endormi qui se sert d’un réchaud dans ses nécessités de nuit». Le voyage se poursuit et, à Uzès, il ne comprend tout d’abord rien à ce qui se dit autour de lui. Au bout d’un certain temps, il reconnaît dans ce qu’il entend quelque chose qui ressemble à un mélange d’italien et d’espagnol, et il parvient alors à établir la communication ». (Henriette Walter, Le français dans tous les sens, Paris, Robert Laffont, 1988 : 105).

« A la même époque, La Fontaine, au cours de son voyage en Limousin, est un peu perdu dans les environs de Bellac : «Comme Bellac n’est éloigné de Limoges que d’une petite journée, nous eûmes tout le loisir de nous égarer, de quoi nous nous acquittâmes fort bien et en gens qui ne connaissaient ni la langue, ni le pays» » (op. cit. : 105).

Un siècle plus tard, à la veille de la Révolution, la situation n’a guère changé comme le montre Thomas Jefferson dans une lettre adressée à William Short le 27 mars 1787.

L’invention de l’imprimerie au XVIe siècle marque, certes, une date importante, car elle contribua beaucoup à diffuser la langue officielle. Cependant, dans une France majoritairement rurale (85% de la population jusqu’au milieu du XIXe siècle), qui n’éprouve pas le besoin d’une communication hors de la communauté locale, les patois résisteront très longtemps car la véritable politique, visant à faire du français la langue de tous les Français, ne commencera qu’à la fin du XVIIIe siècle, avec la Révolution qui considérera qu’à une patrie unique doit correspondre une langue unique.

Pour les révolutionnaires, le peuple doit avoir accès au français, senti comme l’apanage des classes dominantes tandis que les idiomes régionaux apparaissent comme des obstacles à la propagation des idées révolutionnaires.

Le Rapport de l’abbé Grégoire à la Convention, daté du 16 prairial an II, et intitulé Rapport sur la nécessité de détruire les patois, donne un aperçu de la situation linguistique de la France telle qu’elle ressort de l’enquête lancée durant les années 1790 et 1791.

On peut assurer sans exagération qu’au moins six millions de Français, surtout dans les campagnes, ignorent la langue nationale ; qu’un nombre égal est à peu près incapable de soutenir une conversation suivie ; qu’en dernier résultat, le nombre de ceux qui la parlent purement n’excède pas trois millions, et probablement le nombre de ceux qui l’écrivent correctement encore moindre.
Ainsi, avec trente patois différents, nous sommes encore, pour le langage, à la tour de Babel, tandis que, pour la liberté, nous formons l’avant-garde des nations. (Lettres à Grégoire sur les patois de France 1790-1794. Documents inédits. Genève, Slatkine Reprints, 1969 : 293).

Il fallut attendre la 3ème république pour qu’aboutisse ce programme d’éradication des dialectes avec la loi de 1881, appelée loi Camille Sée, qui crée un enseignement secondaire laïc à l’usage des jeunes filles, et celle, surtout, de 1882, loi Jules Ferry, qui institue l’école primaire, gratuite, obligatoire et laïque. L’usage des langues régionales est interdit à l’école, même pendant les récréations, et l’enfant surpris à parler patois reçoit une punition. Dans les campagnes cependant, une fois rentré à la maison, l’enfant retrouve ses parents et ses grands-parents et, avec eux, le patois. En 1914 les régiments constitués par régions durent rapidement, devant l’immensité des pertes, être recomposés avec des hommes venus de toutes les provinces et qui peinèrent à s’exprimer en français, langue apprise à l’école primaire et peu pratiquée.

La disparition des dialectes a aussi été accélérée par l’exode rural, qui date de l’expansion industrielle du milieu du XIXe siècle. La diffusion de la radio, puis de la télévision, vont achever de généraliser l’usage du français standard.

Les deux causes majeures de la disparition presque totale des dialectes restent l’institution d’un enseignement primaire obligatoire et la généralisation de la radio et de la télévision.

Source: http://cle.ens-lyon.fr/plurilangues/les-francais-et-leurs-langues-enquetes-sur-les-patois-dialectes-et-mots-regionaux-132848.kjsp?RH=CDL_PLU120000

Langues régionales : la France ou la tour de Babel ?

78 langues régionales vont bientôt être reconnues : l’occitan, le breton, l’arabe dialectal, l’arménien occidental… Tant pis pour l’unité nationale

L’affaire est entendue : sauf surprise, la France va ratifier la Charte européenne des langues régionales. L’Assemblée nationale a largement voté en faveur d’une modification de la Constitution et le Sénat s’apprête à en faire autant. Si les trois cinquièmes des suffrages sont atteints dans les deux chambres, la voie sera ouverte à la convocation du Congrès. Le texte a été soigneusement ficelé pour éviter les écueils juridiques et faire en sorte que le Conseil constitutionnel ne retoque pas le texte. En 1999, les sages avaient en effet estimé que le projet proposé à cette époque portait atteinte à l’indivisibilité de la République et était en contradiction avec l’article 2 de la Constitution. Celui-ci précise que le français est la langue de la République. Donc, soyons rassurés : même au fond du Finistère, du Pays basque ou dans le 93, on devra vous parler français au bureau de poste. Ouf !

Malgré les précautions prises, et sans vouloir caricaturer, le gouvernement met le doigt dans un engrenage inutile et dangereux. Au moment où l’énergie nationale devrait être mobilisée pour sortir le pays de l’ornière, est-ce bien le moment de brandir ce qui divise plutôt que ce qui réunit ? De transformer une richesse culturelle, d’ailleurs bien ténue, en machine politique ?

L’usage des langues régionales n’a, en réalité, cessé de se rétrécir comme peau de chagrin. Le nombre de locuteurs bretons en France est à peu près égal à celui des Indiens Navajo aux États-Unis. Pour des raisons politiques, les croisés des langues régionales gonflent les chiffres artificiellement. Il suffit de savoir prononcer trois mots dans un dialecte quelconque pour être aussitôt répertorié «locuteur».

Un souvenir personnel : dans le village périgourdin berceau de ma famille, tout le monde s’exprimait jadis dans le patois local, un avatar de la langue d’oc. Chez le boucher, le boulanger, au bistrot, on n’entendait pas un mot de français. Tout cela est terminé. Il n’y a d’ailleurs plus de boucher, plus de boulanger, et le français est devenu la langue d’usage pour les rares habitants qui restent…

En Catalogne, au Pays basque espagnol, en Flandre, en Écosse, les germes du séparatisme progressent. Le morcellement de la souveraineté n’est pas nécessairement un progrès. L’Europe ne peut se construire que sur un socle solide et il n’en existe qu’un pour l’instant : celui des nations. La France est jusqu’à présent épargnée par le virus de la fragmentation : rois, empereurs, républiques ont tous eu le souci permanent depuis mille ans de préserver l’unité française. Donner des armes et des arguments aux agités régionalistes n’est pas un bon moyen de la renforcer.

Source: http://www.lepoint.fr/monde/ou-va-le-monde-pierre-beylau/langues-regionales-la-france-ou-la-tour-de-babel-31-01-2014-1786293_231.php

Carte linguistique interactive de la France

http://www.lexilogos.com/france_carte_dialectes.htm

carte de la France

Patois et dialectes de la vieille France sauvegardés grâce au phonographe ?

En 1910, une société de philologues s’avise que, en plus d’un point, les patois de nos anciennes provinces sont en train de se perdre, et, armée de l’appareil à la fidélité duquel on peut se fier, s’apprête à entreprendre une « tournée » d’un genre particulier, en ayant recours au phonographe qui a déjà enregistré, pour la postérité, les voix d’or des chanteurs et des cantatrices célèbres

Ses membres, pendant qu’il en est encore temps, les recueilleront, ces patois, de la bouche des paysans conservant encore l’idiome ancestral, avec l’accent, qui leur donne leur physionomie propre. Ces dialectes, ces patois, par lesquels une race affirme son caractère particulier et qui ont une existence séculaire, disparaissent-ils vraiment, dans l’uniformité qu’amènent, en notre pays si varié d’aspects et de traditions, les facilités de plus en plus grandes de communication ?

Il faut bien le croire, écrit Jean Frollo, du Petit Parisien, puisque les philologues, étudiant spécialement la question, l’assurent. Il semble, du moins, que dans les régions qui ne gravitent pas autour d’une grande ville, nos patois aient encore la vie dure pour longtemps.

Et ne serait-il pas dommage qu’on les abandonnât, avec leur pittoresque, et, souvent, leurs heureuses trouvailles d’expression, qui ne sauraient avoir un équivalent dans une langue plus pure et plus savante. On se rappelle le joli couplet, dans une pièce de Maurice Donnay, sur la patrie : « La patrie, c’est des paysages que l’on a vus tout enfant… c’est des choses intimes, des souvenirs, des coutumes… c’est une vieille chanson. » Il aurait pu ajouter : « C’est un mot de patois tout à coup entendu. »

De l’attendrissement tient dans quelque phrase de la langue populaire parlée en un petit coin de France. Il faut toujours en revenir à la bonne formule de Félix Gras, défendant l’esprit particulariste, naguère imprudemment attaqué : « La France avant tout, et par-dessus tout. Mais j’aime ma province plus que ta province, j’aime mon village plus que ton village. » On a compris, heureusement, que l’amour des petites patries ne faisait que fortifier l’amour pour la grande. Tout le monde doit savoir le français correctement, mais, dans les relations entre gens qui ont la même origine, le patois a sa raison d’être. Il a des familiarités, il a, d’aventure, des « raccourcis », des nuances, où il y a un peu de l’âme d’un pays.

Je me souviens, écrit notre chroniqueur, qu’un artiste, qui a fait son chemin, me contait les tristesses de son arrivée à Paris, où il ne connaissait personne. Il était pauvre, il s’effrayait de toutes les difficultés qu’il trouvait, il était d’ailleurs un peu rude encore, venant de ses montagnes d’Auvergne. Il éprouvait, un jour, un profond découragement de son isolement, quand, traversant le jardin du Luxembourg, il entendit une femme, assise sur un banc, qui chantonnait en berçant son enfant :

Som, som, beni, beni,
L’efontou bou pas durmi.

Cette berceuse, c’était un écho du pays natal. Il tressaillit. Pour un instant, il n’était plus seul. Il revit, par la pensée, le village d’où il était parti, pour conquérir Paris, lui aussi. Il rêva ; il rêva d’y revenir célèbre. Ses réflexions reprirent un tour viril, il rassembla son courage ; il pensa à des démarches nouvelles à tenter. « Je crois bien, me disait-il en souriant, que c’est cette chanson en patois qui m’a sauvé. »

Le patois (car je ne parle pas des véritables langues, le breton, le provençal, le flamand, le basque, qui subsistent en France, précise Jean Frollo), c’est le français en déshabillé. Il garde souvent la trace des idiomes primitifs qui ont concouru à la formation de la langue officielle ; il correspond à des besoins locaux, et, avec ses archaïsmes curieux, il a presque toujours une grande puissance d’expression.

« Où le français ne peut atteindre, le gascon y arrive sans peine », disait, avec un peu de vantardise, Montaigne, qui, d’ailleurs, fut un des créateurs du français définitif. Le patois a eu, au demeurant, ses défenseurs, les uns parce qu’ils y trouvaient des mines de richesses historiques, les autres pour des raisons sentimentales, voyant là les vivantes reliques de l’esprit de nos pères. Les raisons historiques d’étudier les patois abondent : ne gardent-ils pas le souvenir des invasions successives, la langue des envahisseurs se mêlant à celle des envahis, s’absorbant, plutôt, en celle-ci ?

Et combien de particularités curieuses ! Dans le Midi, il n’est pas rare de voir deux villages voisins avoir chacun un patois distinct. Dans la Gironde, quelques bourgs, formés de l’ancien pays de Garacherie, parlent le patois saintongeois. Par suite d’anciens rapports politiques, les paysans des environs de Nancy et ceux des environs de Bouillon ont un semblable idiome, bien que ces villes soient éloignées l’une de l’autre.

Du wallon et du lorrain au périgourdin et au béarnais, la France compte une trentaine de patois différents, qui ont eux-mêmes leurs variétés. Déjà César avait été frappé de la diversité de langage dans l’ancienne Gaule.

Il est excellent de recueillir par le phonographe, pour l’avenir, ces idiomes locaux, ajoute notre journaliste, mais ce seraient des témoignages un peu frustes, sans les commentaires nécessaires. Nodier disait que si les patois n’existaient plus, il faudrait des académies tout exprès pour les retrouver. Mieux vaut s’occuper d’eux pendant qu’ils vivent encore. Il serait à souhaiter qu’on fît partout ce qu’a entrepris Charles Beauquier pour la Franche-Comté, avec sa méthode, et aussi avec sa tendresse pour les restes d’un passé menacé. La faune et la flore populaires, les traditions, les contes, toutes les particularités d’usage et de langue sont l’objet de ses soins attentifs.

Le patois est là fort riche. Le bétail intéresse particulièrement les paysans, comme il est naturel : il n’y a pas moins d’une cinquantaine de mots pour désigner le bœuf dans tous ses états de forme, d’âge, de couleur, et il y en a bien une centaine pour la vache. La traduction française ne donnerait pas une telle précision.

Rien que pour désigner l’état morbide des animaux, le vocabulaire que fournit le patois est considérable : un airot pour une bête qui, sans être précisément malade, n’engraisse pas ; un ajoumi pour un bœuf qui a trop mangé ; un asorodot, pour un bœuf qui a des grosseurs ; une équevolette, pour une vache qui a la queue coupée ; une grésille, pour une vache qui est, en somme, une mauvaise acquisition, etc. L’usage a fait vraiment une nécessité de ces expressions, qui ne seraient pas remplaçables.

Au début du XIXe siècle, nous apprend encore Le Petit Parisien, une enquête officielle fut faite sur les patois, exclusivement parlés, alors, par six millions de Français. L’idée était bonne, mais ce fut une enquête singulièrement menée. Elle fut confiée aux préfets, mais au lieu de les laisser libres de faire un rapport sur ce que les idiomes locaux présentaient de plus caractéristique, on leur imposa une sorte de thème, la parabole de l’Enfant prodigue, de sorte que, pour arriver à remplir les conditions du programme, on dut plier les patois à une manière d’exercice littéraire pour lesquels ils n’étaient pas faits, et ce travail fut fort artificiel.

De tous les côtés de la France arrivèrent ces « devoirs » laborieusement faits : « Un homme avait deux fils », etc, ce qui devint, selon les régions : — Ou sartin zoumou ave deu gaçon (Ain) — Ou n’oum avo deu s’afan (Ardennes) — Un onome obiou dous effons (Aveyron) — In homme avait deux fail (Charente), etc.

C’était un jeu un peu puéril. On a, heureusement, aujourd’hui, d’autres procédés d’investigation, et on prend un peu plus au sérieux l’étude de ces patois, qui permet d’apprendre beaucoup de choses intéressantes sur notre pays.

Source:  http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article7264

Onze idées reçues sur les langues régionales

Sujet aussi passionnel que mal connu en France, les langues régionales sont l’objet de nombreux a priori. Voici quelques idées reçues qui circulent à leur sujet.

1. Plus personne ne les parle

FAUX On confond parfois régression et disparition. Selon l’Insee, environ 3,5 millions de personnes utilisent régulièrement une langue régionale. Le problème est que la transmission se fait de plus en plus mal. Avant 1930, une personne sur quatre parlait une langue régionale avec ses parents. Une proportion tombée à… 3 % dans les années 1980 et 1990. De surcroît, elles sont surtout pratiquées par les plus de 50 ans. Elles suscitent toutefois de plus en plus d’intérêt chez les jeunes.

2. Elles n’ont pas un grand intérêt

FAUX. Comme le rappelle la linguiste Henriette Walter dans son excellent ouvrage Aventures et mésaventures des langues de France (Editions Honoré Champion, 2012), «le basque est l’une des langues les plus anciennes d’Europe», «le breton est une langue celtique», qui nous rattache à notre passé gaulois. Quant au peu connu francique lorrain, encore en usage en Moselle, il est l’idiome le plus proche de la langue que parlait Clovis.

La plupart des langues régionales parlées sur le territoire français sont issues du latin. C’est le cas non seulement des langues d’oc, au sud, mais aussi des langues d’oïl, au nord, ou encore du francoprovençal, du catalan et du corse.

Mais la France possède aussi une langue celtique, le breton, trois langues germaniques (l’alsacien, le flamand et le francique lorrain – ou platt), une langue non indo-européenne: le basque.

Au total, on compte ainsi en métropole une vingtaine de langues régionales. Il est difficile de donner un chiffre précis, car un débat existe pour savoir si les langues d’oc – le provençal, le languedocien, l’auvergnat, etc – forment une seule langue, qu’on appellerait l’occitan, ou plusieurs. Henriette Walter estime par exemple que le gascon, «qui se différencie très nettement des autres langues d’oc», doit être considérée comme «une langue à part».

3. Le français est supérieur aux langues régionales

FAUX. Linguistiquement, le français est, au départ, une simple langue d’oïl, cousine du normand ou du champenois. Il est devenu notre langue nationale tout simplement parce c’était la langue du pouvoir. Pour le dire d’une formule, le français est une langue régionale qui a réussi ! «Le français était au départ un dialecte comme les autres, mais il était celui du roi, confirme le linguiste Claude Hagège… C’est par volonté politique, et non en fonction de ses qualités linguistiques, qu’il a été imposé au pays. Les langues régionales, poursuit-il, possèdent une richesse au moins comparable, sinon supérieure, au français. Ainsi, en poitevin, subsiste le genre neutre, en plus du masculin et du féminin. Et en gascon, l’imparfait du subjonctif continue d’être pratiqué, même à l’oral.»

Le mouvement d’unification linguistique du pays s’est accompagné de ce qu’il faut bien appeler une propagande. Pour asseoir «sa» langue, le français, l’Etat a longtemps présenté comme de vulgaires patois sans intérêt des langues comme le corse, le breton ou le béarnais. Cette propagande a d’autant mieux réussi que rares sont les Français à disposer de connaissances sur les langues régionales – il est vrai que l’on a rarement cherché à leur en donner. Même les locuteurs se sont peu à peu persuadés de leur infériorité! Jusqu’à les présenter eux-mêmes comme des «patois», définis ainsi par le Petit Robert : «parler local, dialecte employé par une population généralement peu nombreuse, souvent rurale, et dont la culture, le niveau de civilisation sont jugés comme inférieurs à ceux du milieu environnant.»

Ce qui est vrai, bien sûr, c’est que la plupart des grands auteurs nés sur le territoire français se sont exprimés en français, puisque c’était la seule langue enseignée et valorisée. Même si les parlers d’oc, en particulier, ont toujours disposé d’une littérature assez riche. Le poète provençal Frédéric Mistral a même été couronné par le prix Nobel de littérature (1904).

4. Elles sont condamnées par la mondialisation

PAS SÛR. Les langues régionales peuvent aussi présenter un intérêt économique. Les Alsaciens commercent plus facilement avec les Allemands, les Basques et les Catalans avec leurs cousins situés en Espagne. Et, selon certains chercheurs, le succès de l’économie bretonne repose en partie sur la capacité de cette région à défendre et à valoriser son identité locale.

Par ailleurs, les langues régionales représentent en soi une richesse culturelle souvent sous-évaluée. Le breton nous rattache ainsi à notre passé gaulois. Les langues régionales possèdent par ailleurs une riche littérature puisque la plupart d’entre elles sont des langues écrites, ce qui n’est le cas que d’environ 200 des 6700 langues recensées dans le monde.

Plus fondamentalement encore, une langue ne sert pas seulement à communiquer. Elle exprime aussi un rapport au monde, une manière de penser. A ce titre, les langues régionales représentent «l’une des grandes richesses culturelles de la France», selon Claude Hagège. Pour le comprendre, il suffit de se demander comment les Français réagiraient si, dans quelques décennies, sous prétexte «d’efficacité», l’Europe interdisait de transmettre la langue française à l’école de la République et y imposait l’anglais comme langue unique.

5. Les enseigner à l’école est inutile: mieux vaut apprendre l’anglais

FAUX. Les deux démarches ne sont pas contradictoires. Tous les linguistes le disent: connaître, dès son jeune âge, une deuxième langue permet d’en apprendre plus facilement d’autres ensuite. De plus, il existe des passerelles évidentes entre langues régionales et langues étrangères: un locuteur alsacien apprendra très facilement l’allemand; un Flamand le néerlandais, un Corse l’italien, etc.

6. Elles sont désormais reconnues en France

PAS VRAIMENT. Il est exact qu’elles ne sont plus combattues comme elles l’ont été après la Révolution française, lorsque l’abbé Grégoire rédigeait son rapport sur «la nécessité et les moyens d’anéantir les patois». Il est exact aussi qu’à l’école, l’enfant surpris en train de parler corse ou breton ne subit plus de réprimande, comme ce fut le cas sous la IIIe République. Certaines mesures positives ont même été prises en leur faveur. Elles sont ainsi enseignées quelques heures par semaine dans certaines classes, voire en immersion complète dans des écoles associatives (Ikastolas au Pays basque, Diwan en Bretagne, etc). Elles bénéficient de (rares) créneaux horaires à la radio et à la télévision et elles ont même fait leur apparition en 2008 dans la Constitution au titre (Article 75-1 : «Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France»)

Mais, comme on le constate dans la pratique, cette politique est largement insuffisante si l’on souhaite vraiment les sauver. Il suffit d’observer la situation du catalan, florissant en Espagne et moribond en France. Il est vrai qu’au sud de la frontière, son usage est imposé (et exclusif) sur les panneaux de signalisation routière (sauf sur les autoroutes), à l’université (pour la majorité des cours) et sur certaines chaînes de télévision. Des mesures qui feraient sans doute sursauter chez nous.

7. Si les langues régionales régressent, c’est parce que plus personne n’a envie de les parler

VRAI ET FAUX. Il est incontestable que de nombreux parents ont choisi volontairement de ne plus parler gascon ou flamand à leurs enfants. Mais pourquoi ? Parce qu’ils pensaient ainsi favoriser leur réussite scolaire et sociale, seul le français étant enseigné et exigé pour trouver un emploi. Il en aurait été différemment s’ils avaient été en usage dans les administrations et les entreprises.

Car le facteur économique joue un rôle considérable dans la dynamique des langues. Des peuples ont souvent changé d’idiome pour cette seule raison, comme le montre cet exemple donné par l’université de Laval, au Québec. «L’un des cas les plus connus de mutations linguistiques successives concerne celui des Kamasins. Ce peuple de Sibérie a changé de langue trois fois en 50 ans! En effet, les Kamasins parlaient originellement une langue samoyède (le kamasin); ils ont commencé à parler le turc vers 1840 et ne parlaient plus que cette langue 20 ans plus tard; à partir de 1890, les Kamasins avaient déjà abandonné le turc pour le russe.»

8. Dans un pays, il ne peut y avoir qu’une seule langue

FAUX. Il existe environ 6800 langues dans le monde, sachant qu’il y a 193 membres à l’ONU. On compte donc en moyenne 35 langues par Etat. Une cinquantaine de ces Etats sont officiellement multilingues, comme la Belgique ou l’Espagne.  Ce qui est vrai, c’est que les Etats tendent à adopter une langue unique, pour des raisons d’efficacité économique et d’unité politique. Quant aux pays qui pratiquent le multilinguisme, ils le font rarement pour des raisons philosophiques, mais pour préserver la paix sociale: le Québec a arraché des mesures en faveur du français car le Canada craignait la partition du pays.

9. La disparition des langues régionales est inéluctableVRAI ET FAUX. Il existe une tendance incontestable au déclin des langues dans le monde. Selon Claude Hagège, il en existait environ 10 000 à la fin du Moyen Âge (avant la colonisation européenne). A l’heure actuelle, l’humanité en perd environ une tous les quinze jours. Mais ce mouvement connaît des exceptions notables. Les langues régionales ne sont pas menacées en Suisse pour la bonne et simple raison que l’allemand, le français, l’italien et le romanche sont toutes considérées comme des langues… nationales ! Le catalan, on l’a dit, mais aussi le basque se portent beaucoup mieux en Espagne qu’en France. Leur situation dépend donc pour l’essentiel des mesures dont elles bénéficient dans chaque pays.

10. Les langues régionales alimentent les sentiments indépendantistes

OUI ET NON. Oui, dans la mesure où la langue est un attribut essentiel de l’identité. C’est parce que la France est un pays composite, réunissant des Basques et des Alsaciens, des Corses et des Flamands, des Auvergnats et des Normands, qu’elle s’est dotée d’un Etat fort et qu’elle a toujours cherché à effacer les particularismes régionaux. A l’inverse, assimiler tous les amoureux des langues régionales à des poseurs de bombes serait aller un peu vite en besogne. Nombre d’entre eux souhaitent simplement qu’elles ne se perdent pas. Des pays comme la Suisse ou la Finlande (où réside une importante minorité suèdophone) montrent que le multilinguisme ne s’oppose pas toujours à l’unité nationale.

11. La défense des langues régionales oppose la droite et la gauche

FAUX. Des parlementaires des deux bords travaillent ensemble sur cette question à l’Assemblée nationale et au Sénat. Et elles comptent dans chaque camp des partisans et des adversaires.  A gauche, le très jacobin Jean-Luc Mélenchon ne les apprécie guère tandis que François Hollande souhaite la ratification de la charte européenne des langues régionales.  A droite, le député UMP Marc Le Fur les défend avec ferveur, alors que Nicolas Sarkozy a déclaré : «Quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la charte des langues régionales». Leurs meilleurs défenseurs se trouvent chez les écologistes (qui passent régulièrement des alliances avec les partis régionalistes) et chez François Bayrou, lui-même béarnophone.